Le gouvernement est en alerte. Le ministre de la Culture, Franck Riester, a été testé positivement au coronavirus lundi, après avoir manifesté des "symptômes", a précisé son cabinet, notant que celui-ci avait passé plusieurs jours la semaine dernière à l'Assemblée nationale où plusieurs cas ont été confirmés.

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"Le ministre de la Culture va continuer de travailler à distance", a précisé Matignon. "Si d'autres ministres devaient être testés positifs, ils suivraient les mêmes règles d'isolement", a-t-on ajouté de même source, en indiquant que "les membres du gouvernement (...) doivent simplement suivre les règles édictées par les autorités de santé".

Enquête sur les "contacts rapprochés"

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a souligné lundi soir que l'enquête sur les éventuels "cas contacts rapprochés" avec Franck Riester serait conduite comme pour n'importe quel Français. "Personne ne se serre la main en Conseil des ministres depuis maintenant deux semaines", a-t-il insisté sur BFMTV. D'autres membres de l'exécutif ont-ils été testés pour le coronavirus ? "À ma connaissance non", a-t-il déclaré, hormis lui-même, testé négatif.

"J'ai été testé il y a deux jours, je suis négatif pour le coronavirus. Je l'ai fait parce que j'avais moi-même un petit début de rhume et que je suis allé dans plusieurs endroits où le virus circule activement notamment dans l'Oise. Et comme je vais à la rencontre des Français, que je veux pouvoir protéger les Français (...) j'ai voulu éliminer tout risque", a déclaré Olivier Véran.

Il a précisé que Franck Riester était "en confinement chez lui", avec un "petit syndrome fébrile et des signes ORL". "On s'est échangé quelques SMS, je l'ai assuré de mon soutien". Le ministre de la Culture, âgé de 46 ans, avait passé plusieurs jours la semaine dernière devant la commission des affaires culturelles de l'Assemblée pour présenter son projet de loi sur la communication audiovisuelle.

Contrôle régulier de la température

Après l'annonce des premiers cas avérés au sein de l'Assemblée, il avait indiqué sur Facebook qu'il ne participerait pas pendant le week-end à des événements prévus de sa campagne municipale à Coulommiers (Seine-et-Marne). "Les consignes des autorités sanitaires après tout contact avec des personnes infectées par le virus sont claires (...) Ces consignes doivent être respectées par tous", avait-il souligné.

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Les membres du gouvernement "doivent se conformer aux gestes barrières et, s'ils ont été en contact avec des personnes malades, contrôler régulièrement leur température et prévenir les services de santé en cas de symptômes", a-t-on insisté à Matignon.

Coïncidence, ou pas, l'Élysée a nettement renforcé depuis ce mardi les mesures de protection contre le coronavirus autour d'Emmanuel Macron et de ses collaborateurs, en limitant visites et réunions, mais le chef de l'État compte poursuivre ses déplacements, a indiqué l'Elysée, confirmant des informations de France Inter.

Mesures renforcées à l'Élysée

Pour "préserver l'espace de travail du président", plus aucune réunion n'est organisée dans ses bureaux et une attention est portée aux objets qu'il touche, comme les stylos, blocs ou dossiers. Globalement "un espace est maintenu autour de lui", explique l'Élysée. "Mais le chef de l'État n'entend pas vivre confiné, il veut continuer à se déplacer", ajoute son entourage.

Des membres du service de sécurité ont du gel hydroalcoolique à disposition à tout moment. Mais comme l'expliquait un proche de chef de l'État au Parisien, "ça ne change pas grand-chose pour lui. Depuis la campagne présidentielle, ses officiers de sécurité lui tartinent les mains de gel hydroalcoolique". Emmanuel Macron n'a pas non plus été testé au coronavirus. Selon des proches du président dans Paris Match, "le tester supposerait de le refaire chaque jour".

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Des mesures de protection renforcées s'appliquent aussi aux 800 employés du palais et en particulier aux plus proches collaborateurs d'Emmanuel Macron. Ainsi les visites publiques sont suspendues, les invités pour des déjeuners ou dîners réduits au strict nécessaire. Tout visiteur se voit systématiquement demander s'il a été exposé à des cas contact ou s'est rendu dans des zones de cluster.

Outre les "mesures barrières" en place depuis une dizaine de jours - plus d'embrassade ni de serrage de main, etc -, les réunions dans les bureaux sont désormais proscrites et les chaises davantage espacées. Des salles de réunion dédiées sont instituées, avec nettoyage entre chaque réunion.

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Les principaux collaborateurs du chef de l'État sont soumis à des mesures de vigilance renforcées : ils doivent faire plus attention dans les transports, aller moins au cinéma ou au théâtre, etc. Un plan de continuité d'activité a déjà été mis en place, avec un système de binômes. Les membres du personnel ayant été en contact avec un cas contact ou s'étant rendus dans un cluster sont priés de rester chez eux, ce qui est le cas pour trois personnes du Palais, "mais il n'y a aucun cas à l'Élysée", souligne la présidence.

Pour le moment, cinq députés et deux membres du personnel de l'Assemblée nationale ont été contaminés, dont deux élues ayant participé aux réunions de la commission des affaires culturelles. À l'échelle mondiale, Franck Riester n'est pas le premier responsable gouvernemental dans le monde à être testé positif. Plusieurs hauts responsables iraniens figurent parmi les personnes infectées par la pneumonie virale, parmi lesquelles Massoumeh Ebtékar, vice-présidente chargée des Femmes et de la Famille, ou encore le vice-ministre de la Santé, Iradj Harirchi.