Ne cherchez pas le mot "extrême droite" en ouvrant la presse italienne. Là-bas, l'alliance qui regroupe la droite berlusconienne (Forza Italia), la Ligue de Matteo Salvini et Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni pour les élections du 25 septembre est communément décrite comme... "la coalition de centre droit", en dépit de la radicalité des deux derniers. Si les deux formations nationalistes ne sont pas mises au ban de la vie publique, contrairement à ce qui se passe en France ou en Allemagne, c'est qu'elles sont essentielles à la formation de gouvernements.
En Italie, le scrutin proportionnel encourage la formation de grandes coalitions ; Silvio Berlusconi a ouvert la voie dès les années 1990 en s'alliant à l'extrême droite. A l'époque, la polémique était grande. Elle est aujourd'hui inexistante.
En Suède, l'extrême droite est sortie victorieuse du scrutin, mi-septembre, en s'imposant comme la première force à droite. Même si les députés des Démocrates suédois (SD) ne devraient pas entrer au gouvernement, ils pèseront sur la ligne de l'exécutif à travers un accord de coalition. Une première.
En France, à l'Assemblée nationale, les 89 députés du Rassemblement national tentent de s'imposer comme interlocuteurs "normaux" des autres formations politiques, dans une stratégie assumée dite de la cravate. Les macronistes, en leur laissant accéder à des postes à responsabilité, espèrent mieux les étouffer. Une stratégie risquée : les partisans de la préférence nationale feront tout pour profiter de cette porte ouverte pour s'installer définitivement au coeur du pouvoir. Avec un danger politique, réel, de ne plus pouvoir les y déloger.
