On n'avait pas vu cela depuis 1969. A l'époque, l'abstention avait atteint un record de 31,1% au second tour, dans un contexte particulier à la suite de la démission du général De Gaulle. Cette année, le taux atteint 24,95%, pour 46 755 794 électeurs inscrits, selon les chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur dans la nuit de dimanche à lundi. Jamais, depuis près de 50 ans, l'abstention n'avait atteint un tel niveau.
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L'élection présidentielle aura été bien particulière jusqu'au bout, ne ressemblant décidément à aucune autre. En général, la participation augmente ainsi entre le premier et le second tour. Mais pas cette année. Le 23 avril dernier, elle était de 77,77% mais elle a chuté au second pour n'atteindre qu'un taux flirtant avec les 75,6%.
"Ni-ni" et long week end
Plusieurs facteurs expliquent cette défection des électeurs vis à vis des urnes. Yves-Marie Cann, le directeur des études politiques d'Elabe, expliquait à L'Express à la veille du second tour que cette inflexion s'expliquerait par le fait que beaucoup d'électeurs ne se retrouvaient pas dans l'offre politique inédite qui opposait un candidat FN, Marine Le Pen à un candidat au centre, Emmanuel Macron.
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Deux tiers des militants de la France insoumises avaient ainsi opté pour le "ni-ni", préférant s'abstenir ou bien voter blanc ou nul. Par ailleurs, le fait que le second tour des élections ait été planifié au beau milieu d'un weekend prolongé n'a pas contribué non plus à stimuler les électeurs. 2 995 122 électeurs ont déposé un bulletin blanc dans l'une, et 1 059 033 ont voté nul.
