Ils étaient seize députés écologistes, alors qu'il faut quinze députés pour faire un groupe. Faute d'accord entre la tendance pro-gouvernementale et celle restée fidèle à Cécile Duflot, les verts de l'Assemblée nationale ont explosé. La minorité réformiste forte de six membres a rejoint le groupe socialiste.
Vu la "dérive sectaire" d'EELV, les écologistes réformistes constitueront, au sein d'un groupe "socialiste, écologiste et républicain", une composante "libre de ses positions" sous la houlette de Véronique Massonneau, qui devient vice-présidente de ce groupe recomposé, selon un communiqué commun.
Cécile Duflot voulait rester seule présidente
Le député François de Rugy avait prévenu ce jeudi que "l'existence" du groupe était "en cause" si celui-ci ne désignait pas, aux côtés de Cécile Duflot, un coprésident représentant la sensibilité pro-gouvernementale. "...le groupe écologiste ne peut exister à l'Assemblée nationale que si les différentes sensibilités sont respectées", avait-t-il averti sur LCP.
Celui qui a remplacé Denis Baupin à la vice-présidence de l'Assemblée après la démission de ce dernier, avait indiqué qu'il serait remplacé à la coprésidence du groupe par Véronique Massonneau. Dans l'entourage de Cécile Duflot, on affirmait pourtant que l'ex-ministre était "la seule présidente du groupe pour l'instant".
Le groupe écologiste était profondément divisé depuis le refus de Cécile Duflot et Pascal Canfin de participer au gouvernement de Manuel Valls en avril 2014. Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé ont intégré le gouvernement en février, en compagnie de l'ex-secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse. Selon Libération, un "deal" avait été passé entre les deux tendances. A Cécile Duflot, la présidence du groupe, aux réformistes la vice-présidence de l'Assemblée. Les dix députés écologistes critiques du gouvernement ne désespèrent pas de reformer un groupe avec cinq non-inscrits.