Hémorragie chez Les Verts. Les trois coprésidents d'Europe Ecologie-Les Verts ont claqué la porte d'Europe Ecologie-Les Verts. Après François de Rugy et Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili a fait savoir qu'elle quittait elle aussi le parti, dans une interview accordée au Monde. Pour justifier sa décision, elle explique vouloir reprendre sa liberté, "se consacrer à l'essentiel".

La député ne devrait pas rejoindre Ecologistes!, le parti fondé par François de Rugy et Jean-Vincent Placé. Elle dit vouloir se mettre en retrait des partis politiques, tout en regardant "avec sympathie" l'initiative de ses deux anciens camarades d'EELV. Avec la volonté de se consacrer désormais aux régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. "Je veux tout faire pour empêcher une victoire de Marine Le Pen ou de la droite dure. Les premières victimes en seraient les habitants de la région. Je suis assez sidérée de voir qu'il y a assez peu de réactions face à cela", explique-t-elle. Elle assure ne pas vouloir se présenter en tant que candidate, réclamant une "grande liste de toute la gauche".

"EELV a mis l'écologie dans un corner"

Barbara Pompili n'a visiblement pas digéré l'alliance des écologistes avec le Front de gauche en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Elle se montre particulièrement critique vis-à-vis des choix de son parti. "Il n'y a plus d'espace pour les autres écologistes dont je me sens proche. Pendant longtemps, on pouvait être minoritaire tout en ayant sa place dans le parti. Ce n'est plus le cas aujourd'hui."

Interrogée sur l'avenir du groupe parlementaire à l'Assemblée, la députée plaide pour son maintien. Des négociations auraient d'ores et déjà été lancées pour conserver deux coprésidents à sa tête, afin de représenter "les sensibilités du groupe". Barbara Pompili veut d'ailleurs conserver ce rôle. Une tâche ardue, reconnait-elle, notamment dans la perspective de l'examen du budget 2016 à l'Assemblée. "Il va y avoir des débats entre nous et probablement des choix divergents. Ça a déjà été le cas et ça n'a jamais fait exploser le groupe." Le parti, lui, a davantage souffert.