François de Rugy a présenté sa démission du gouvernement ce mardi, a indiqué le ministre de la Transition écologique dans un communiqué publié sur Facebook. Sa décision a ensuite été acceptée par l'exécutif, a annoncé Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, sur franceinfo. Emmanuel Macron a fait savoir peu après qu'il avait accepté "la décision personnelle" de François de Rugy, une décision qu'il "respecte pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement".
Le désormais ex-ministre avait été mis en cause la semaine dernière par Mediapart pour l'organisation de dîners fastueux lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale. "La volonté de nuire, de salir, de démolir, ne fait pas de doute. Je suis soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques", explique dans son texte François de Rugy, assurant ne plus être "en mesure d'assumer sereinement et efficacement la mission que [lui] ont confiée le Président de la République et le Premier ministre."
Le site d'investigation avait décrit par le menu "la vie de château" sur "les fonds publics" du couple de Rugy, évoquant le personnel de l'Assemblée, qui aurait été mis à contribution "à de très nombreuses reprises, parfois jusqu'à tard dans la nuit, pour ces soirées qui avaient lieu dans les salons de l'hôtel de Lassay, la résidence du président de l'Assemblée nationale, sans qu'il y ait de lien évident avec les fonctions d'alors de François de Rugy".
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Face aux révélations de Médiapart, François de Rugy annonce dans son communiqué avoir "déposé une plaine pénale en diffamation", contre le site d'information.
À nouveau épinglé, cette fois sur ses frais de mandat
Mediapart avait enchaîné sur plusieurs révélations, notamment sur sa cheffe de cabinet qui occupait indûment un logement social et le fait que lui aussi était locataire d'un logement à vocation sociale. Le ministre s'était défendu point par point mais un an après l'affaire Benalla, il avait peiné à obtenir un soutien franc de la majorité. D'autant que les images des dîners - avec des homards géants et des crus à 600 euros - ont choqué l'opinion.
Sous pression, il avait été convoqué à Matignon et sommé de s'expliquer. Il avait alors promis de rembourser tout euro litigieux après contrôle de l'Assemblée nationale. Lundi soir, il avait pourtant reçu le soutien d'Emmanuel Macron, qui ne voulait pas d'une "République de la délation". Mediapart a publié ce mardi un nouvel article sur le ministre, consacré à la façon dont François de Rugy aurait utilisé ses frais de mandat pour payer ses cotisations d'élu à son ancien parti, Europe Écologie-Les Verts (EELV). Le site d'investigation explique avoir envoyé des questions à l'ancien ministre... une demande qui a peut-être précipité sa volonté de démissionner.
Interrogée ce mardi après-midi par BFMTV, Sibeth Ndiaye a déclaré que le gouvernement n'avait "aujourd'hui absolument aucune indication tendant à démontrer que François de Rugy a commis des actes qui sont contraires à la justice".
