Après Hubert Falco, la veille, c'est au tour de Christian Estrosi de claquer la porte des Républicains (LR). Le maire de Nice a annoncé son départ du parti de droite, ce jeudi, au quotidien Le Figaro. La faute à la polémique née au sein même de LR, dimanche, après l'annonce du Premier ministre Jean Castex d'une candidature commune avec La République en Marche (LREM) en Paca (Provences-Alpes-Côte-d'Azur), aux prochaines élections régionales. Un rapprochement violemment rejeté par le patron des Républicains, Christian Jacob, dans la foulée.

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Pour Estrosi, qui soutenait l'alliance de son ami Renaud Muselier avec la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel, la rupture est double. Sur le fond d'abord : "Seul le rassemblement des forces peut permettre la victoire de l'intérêt général face au RN (Rassemblement national). Je n'entends subir ni l'autorité d'un appareil politique, ni d'une autorité gouvernementale quelle qu'elle soit. Les seuls à qui j'ai des comptes à rendre, ce sont les électeurs de ma ville et de notre territoire", explique-t-il au Figaro. Comme sur la forme. "Jamais je n'avais jamais subi une telle violence dans mon parti. Vous rendez-vous compte des mots utilisés à mon égard et à l'égard d'Hubert Falco ? "Malfaisants"", a-t-il critiqué, évoquant malgré tout une "décision pénible pour le gaulliste que je suis".

Jacob : "Je regrette toujours les départs"

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Le maire de Nice, qui avait lancé son mouvement politique "la France audacieuse" en septembre, travaille désormais à un nouveau projet. "Il est temps de reconstituer une grande formation politique moderne pour rassembler les gens de droite et du centre autour d'un vrai projet où l'on ne passe pas son temps à parler de soi en bureau politique mais d'industrie, d'environnement, de sécurité, d'immigration contrôlée", confie-t-il au quotidien. Tout en coupant court à un rapprochement avec la majorité présidentielle. "Je n'ai rien négocié avec qui que ce soit (...) Je suis un homme libre. Ma liberté n'a pas de prix."

"Conformément aux valeurs de notre famille politique, nous sommes et nous resterons les opposants déterminés à l'idéologie du Rassemblement national", a réagi auprès de l'AFP Christian Jacob. Et de contrer : "Je regrette toujours les départs, mais cette décision a le mérite de la cohérence." Une référence à l'appel lancé à la fin de l'été par Christian Estrosi en vue d'un "accord avec Emmanuel Macron" pour 2022. Dans ce contexte, le départ de l'élu niçois n'étonne guère chez Les Républicains. "Après avoir été depuis des années à la manoeuvre dans notre dos pour le compte d'Emmanuel Macron, c'est aujourd'hui le temps de la clarification politique. L'opération déstabilisation a échoué", a notamment tweeté dans l'après-midi la députée européenne Nadine Morano.