Recep Tayyip Erdogan est un homme qui se révèle en temps de crises, et l'invasion russe en Ukraine a ouvert pour lui un nouveau champs d'opportunités. A la manoeuvre d'un large virage géopolitique au Moyen-Orient, l'homme fort d'Ankara se rapproche des adversaires d'autrefois, joue l'apaisement avec Paris et Berlin, tente de réinstaller son pays à la grande table des négociations de l'Otan - d'où il lance un nouveau bras de fer sur l'adhésion de la Suède et de la Finlande - et enfin en jouant les intermédiaires entre Moscou et Kiev.
Sur la scène intérieure, cela se traduit par une hausse de 5 points de sa cote de popularité depuis le début de l'année. Mais derrière cette vitrine de réussite diplomatique, quels sont les résultats concrets de la politique d'Erdogan ? Après 19 ans de pouvoir, et une très grave crise économique qui frappe les Turcs au portefeuille depuis plus d'un an, son horizon politique s'assombrit... à un an de la prochaine élection présidentielle.
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Retrouvez ici notre enquête vidéo, avec Deniz Ünal, économiste et spécialiste de la Turquie au CEPII (Centre d'études prospectives et d'informations internationales) et Marc Pierini, chercheur au Carnegie.