ÉTATS-UNIS
La voie étroite de Biden contre les armes à feu
Réelle avancée ou voeu pieux ? Le président a présenté le 8 avril un plan pour contrôler les armes. Compte tenu de sa faible marge de manoeuvre face à l'opposition républicaine, Joe Biden n'a exposé qu'une demi-douzaine de mesures à l'impact limité. L'une d'elles vise à endiguer la prolifération des "armes fantômes", vendues en kit et sans numéro de série. La Maison-Blanche promet d'avancer - plus tard - sur une question cruciale : la vérification des antécédents des acheteurs. Il y a urgence : les ventes d'armes à feu ont atteint un record en 2020 (22,8 millions contre 13,9 millions en 2019) et les fusillades de masse pourraient se multiplier, craint le Time.
ROYAUME-UNI
La reine perd son "roc", le prince Philip
Les cloches de l'abbaye de Westminster ont sonné 99 fois le 9 avril en hommage au prince Philip, époux d'Elizabeth II, mort à 99 ans. Le patriarche de la famille royale était connu pour son franc-parler, son esprit conservateur et son dévouement à la couronne, dans l'ombre de la souveraine. Ses funérailles se tiendront le 17 avril en privé, en raison des restrictions sanitaires. Sans son "roc", comme elle le surnommait, la reine va-t-elle abdiquer ? Certainement pas, selon The Times, qui anticipe "une évolution plutôt qu'une révolution de palais", où le prince Charles, héritier de la couronne, assumerait progressivement plus de responsabilités.
TCHAD
Une présidentielle sans suspense
Avant même la publication des résultats, l'élection du 11 avril semblait courue d'avance. Le maréchal Idriss Déby, inamovible chef de l'Etat depuis trente et un ans, marche vers un sixième mandat. Dans ce pays où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, l'opposition est réduite au silence, ses marches interdites depuis des mois. Ses ténors avaient d'ailleurs boycotté le scrutin, ce qui explique sans doute la faible affluence dans les bureaux de vote. "Le simulacre de scrutin présidentiel s'est achevé comme il avait commencé, dans l'indifférence quasi générale des 7 millions et demi d'électeurs", souligne Le Pays.
TURQUIE
L'UE humiliée par le "sofagate"
La visite d'Ursula von der Leyen et de Charles Michel à Ankara devait sceller le timide réchauffement diplomatique entre l'Union européenne et la Turquie. Raté ! Le protocole du président turc n'avait prévu qu'un fauteuil à côté du reis... accaparé, sans autre forme de procès, par le président du Conseil européen Charles Michel. Ebahie, la présidente de la Commission européenne s'est retrouvée reléguée sur le canapé. "L'Europe voudrait se caricaturer, elle ne pourrait mieux faire", note L'Echo, pour qui cette bévue révèle la tension entre les deux têtes du pouvoir européen. "Leur tandem déraille dès qu'ils arrêtent de pédaler en cadence."
IRAN
Un site nucléaire attaqué
Téhéran a dénoncé le 11 avril un acte de "terrorisme" après la panne de courant qui a affecté le complexe nucléaire ultra-protégé de Natanz, dans le centre du pays. Le coupable ? Israël, selon le régime iranien. Plusieurs responsables des renseignements américains et israéliens cités par le New York Times admettent le rôle de l'Etat hébreu. Selon eux, l'opération a porté un coup dur à la capacité de l'Iran à enrichir de l'uranium, au moins à court terme. "La marge de manoeuvre du pays dans les négociations en cours pour rétablir l'accord nucléaire pourrait être considérablement compromise", avance le quotidien.
ÉQUATEUR
Un ex-banquier à la tête du pays
Entre le retour au modèle socialiste promu par l'ancien président Rafael Correa (2007-2017) et la transition vers un système libéral amorcée par l'actuel gouvernement, les Equatoriens ont tranché. La seconde option l'emporte, incarnée par le candidat conservateur Guillermo Lasso, élu président ce 11 avril. La victoire de cet ancien banquier de 65 ans entérine "la fin du régime corréiste", selon La Hora. Partisan d'une relance par le secteur privé, Lasso est très attendu sur le chapitre économique dans un pays qui vit sa pire récession, avec une contraction de 7,8 % de son PIB.
CHINE
L'efficacité des vaccins officiellement en doute
C'est ce qu'on appelle un "rétropédalage". Le 10 avril, le directeur du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, Gao Fu, avait publiquement remis en cause l'efficacité des vaccins chinois et expliqué que le gouvernement envisageait d'en combiner plusieurs pour augmenter leur efficacité. Un rare aveu de faiblesse pour un régime qui n'a cessé de louer les produits made in China - sans jamais publier les données de la phase III des essais. "Ces propos ont été sortis de leur contexte", a afiirmé Gao Fu le lendemain. Le sujet est hautement sensible pour les clients étrangers de la Chine, qui a déjà livré 40 millions de doses à plus de 20 pays, d'après le Financial Times.
