Elle sera restée moins de 50 jours au pouvoir, soit la durée la plus courte de l'histoire contemporaine du Royaume-Uni. La première ministre conservatrice, Liz Truss, a annoncé sa démission ce jeudi 20 octobre. Ces derniers jours, elle avait vu deux de ses principaux ministres démissionner du gouvernement. D'abord, le ministre des Finances, Kwasi Karteng, avait quitté son poste vendredi, après que son budget a été mis en cause par la Première ministre. Ce mercredi, c'est la ministre de l'Intérieur, Suella Braverman, qui a annoncé son départ, sur fond de désaccord quant à la politique migratoire du gouvernement.
Une primaire pour choisir un successeur
Ajouté à cela des révélations de pressions exercées sur les élus conservateurs afin qu'ils votent selon la volonté de la Première ministre, la position de Liz Truss devenait intenable. Ce qu'elle a admis, ce jeudi, dans une allocution prononcée sur le perron du 10 Downing Street. "Je reconnais, au vu de la situation, que je ne peux pas poursuivre le mandat", a-t-elle déclaré, avant d'annoncer qu'elle présenterait ce même jour sa démission au roi Charles III. Une primaire pour lui trouver un successeur au sein du parti conservateur aura lieu "d'ici à la semaine prochaine", a-t-elle ajouté.
Agée de 47 ans, cette ancienne ministre des Affaires étrangères avait succédé à Boris Johnson le 6 septembre, dans un contexte économique de forte inflation et de flambée des prix de l'énergie. Son but était de relancer la croissance au travers d'une baisse massive des impôts, un programme critiqué au sein même du parti conservateur. Début octobre, elle avait par exemple dû renoncer à instaurer l'une de ses mesures phares : la suppression de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu. Puis, le 17 octobre, le ministre des Finances, Jeremy Hunt, avait annulé le programme économique de Liz Truss dans sa quasi-totalité. Un terrible camouflet auquel son mandat n'aura pas survécu.
