La fin du cauchemar se dessine pour Fabien Azoulay. Ce ressortissant français condamné à 16 ans de prison par la justice turque pour détention de stupéfiants, devait être transféré mardi en France pour y finir de purger sa peine, ont annoncé ses avocats. "Nous sommes heureux d'annoncer que Fabien Azoulay, détenu en Turquie depuis quatre ans, sera transféré en France aujourd'hui [mardi]", déclarent Me Carole-Olivia Montenot et Me François Zimeray dans un communiqué, saluant "l'aboutissement d'un long combat dans lequel la mobilisation de l'opinion publique aura été décisive".
"Une belle nouvelle, un grand soulagement, l'aboutissement d'une mobilisation collective et juste", a écrit sur Twitter le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune. Propriétaire d'un Spa à New York, Fabien Azoulay s'était rendu en 2017 en Turquie pour se faire poser des implants capillaires. Un séjour qui ne devait durer que quelques jours. Aujourd'hui âgé de 43 ans, il avait été arrêté pour avoir acheté sur Internet une fiole de GBL. Il s'agit d'un produit chimique utilisé comme solvant à peinture qui, une fois ingéré, se transforme dans le corps en GHB, autrement appelé la "drogue du violeur".
Des violences à répétition
Selon ses avocats, il ne savait pas que ce produit avait été interdit en Turquie six mois plus tôt et s'était fait livrer "en toute bonne foi". Mais ses déclarations n'ont pas suffi à convaincre la justice turque. Le Français, également de nationalité américaine, avait été condamné - au terme de vingt minutes de procès - à vingt ans de réclusion pour "importation de stupéfiants", une peine ensuite ramenée à seize ans et huit mois en appel. Fabien Azoulay a été emprisonné à Giresun, au bord de la Mer noire, dans des conditions sordides. Alors que ses avocats et sa famille peinaient à obtenir son transfèrement en France en mai 2019, ils en avaient appelé à Emmanuel Macron dans une lettre rendue publique en avril dernier.
Pour la première fois, Mes Montenot et Zimeray avaient évoqué publiquement le cas de leur client, indiquant qu'il avait été "victime de violences aggravées commises par un codétenu" qui lui avait infligé en 2018 "des brûlures en raison de son homosexualité et de son appartenance à la religion juive". Dans les lettres que le détenu parvenait à envoyer à ses proches, il décrivait les scènes de violences quotidiennes auxquelles il a pu assister et dont il a été la cible. Selon Le Parisien, son frère le disait "totalement désespéré" et se montrait très inquiet. A ce moment-là, sa famille aussi avait décidé de sortir du silence pour médiatiser l'affaire et espérer un déblocage de la situation. Par ailleurs, Emmanuel Macron avait évoqué le cas Azoulay avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan mi-juin, lors du sommet de l'OTAN à Bruxelles.
Après l'annonce du transfert de Fabien Azoulay en France, ses avocats ont remercié les autorités françaises, "en particulier le Président de la république Emmanuel Macron, la ville de Paris ainsi que Monsieur l'Ambassadeur de Turquie en France qui a veillé à l'application des principes de coopération judiciaire entre nos pays", ont-ils écrit dans un post Twitter. "Dès son arrivée sur le territoire français, nous saisirons la juridiction compétente en vue d'une prochaine remise en liberté de Fabien Azoulay", indiquent les avocats, qui ont l'intention de déposer une requête afin d'adapter sa peine et la ramener à cinq ans, comme le prévoit le code pénal français pour cette infraction.
