Ils sont trois récipiendaires issus de la société civile, une personne et deux organisations non gouvernementales (ONG). Le prix Nobel de la paix a été décerné, ce vendredi 7 octobre, à l'avocat et opposant biélorusse Ales Bialiatski, ainsi qu'à l'ONG russe Memorial et au Centre pour les libertés civiles ukrainien (CCL). Un prix hautement symbolique en pleine guerre en Ukraine.

"Le comité Nobel norvégien souhaite honorer trois champions remarquables des droits humains, de la démocratie et de la coexistence pacifique dans les trois pays voisins Bélarus, Russie et Ukraine", a déclaré sa présidente, Berit Reiss-Andersen. Ces trois lauréats ont pour point commun leur opposition, directe ou indirecte, à Vladimir Poutine. Mais ce prix Nobel de la paix n'est pas dirigé contre le président russe, qui doit cesser de réprimer les militants, a affirmé le comité Nobel.

Appel à la libération d'Ales Bialiatski

"Notre message est d'exhorter les autorités en Biélorussie à libérer Ales Bialiatski et nous espérons que cela se produira et qu'il viendra à Oslo pour recevoir le prix", a dit la présidente du comité. "Mais il y a des milliers de prisonniers politiques au Bélarus et je crains peut-être que mon souhait ne soit pas très réaliste", a-t-elle ajouté.

Emprisonné depuis juillet 2021 en Biélorussie, Ales Bialiatski, 60 ans, est depuis des décennies, avec son organisation Viasna ("Printemps"), le visage de la défense des droits dans un pays toujours plus autoritaire. L'avocat avait été arrêté pour "évasion fiscale", une affaire perçue comme une vengeance du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 et qui musèle toute forme de critique à coups d'arrestations ou de matraques depuis le vaste mouvement de contestation post-électoral de l'été 2020, qui a fait trembler son régime.

Ce n'est pas le premier passage en prison d'Ales Bialiatski, ni sa première vague de répression. Sa précédente incarcération, pendant près de trois ans de 2011 à 2014, avait été aussi orchestrée pour des motifs fiscaux. Son arrestation était alors intervenue quelques mois après une présidentielle qui avait déjà donné lieu à des manifestations d'opposition sévèrement réprimées.