En Éthiopie, de nombreux civils ont été tués lors d'un "massacre" dans la région du Tigré, a déclaré jeudi Amnesty International. Un massacre perpétré selon des témoins par des forces loyales au parti au pouvoir. Le Premier ministre Abiy Ahmed a préféré parler de la "libération" par l'armée fédérale de la zone du Tigré occidental, l'une des six zones administratives que compte la région, en plus de la "capitale" régionale Mekele, située dans l'Est.
LIRE AUSSI >> Ethiopie : une partie du Tigré "libéré", des massacres de civils à déplorer
Le lauréat du prix Nobel de la paix en 2019 affirme vouloir rétablir des "institutions légitimes" au Tigré, dont les dirigeants défient depuis plusieurs mois le gouvernement fédéral en organisant notamment une élection jugée "illégitime" par le pouvoir central d'Addis Abeba.
Abiy Ahmed n'est pas le premier lauréat du prix Nobel dont l'étoile a pâli avec le temps. Si les statuts de la Fondation Nobel ne prévoient pas qu'un récipiendaire puisse restituer son prix ni qu'il soit révoqué, ses actions postérieures peuvent nettement dégrader son image publique. Tour d'horizon des autres exemples.
2009 : Barack Obama

Barack Obama à l'ONU le 23 septembre 2009
© / L'Express
La distinction du président américain en 2009, neuf mois à peine après sa prise de fonction à la tête des États-Unis, avait déjà été accueillie avec circonspection. Une décennie plus tard, de nombreuses voix continuent de s'élever, notamment sur les réseaux sociaux, pour que le prix soit retiré à celui qui a, durant ses huit années passées à la Maison-Blanche, engagé son pays dans plusieurs opérations militaires et raids aériens, notamment au Moyen-Orient.
LIRE AUSSI >> VIDEO. Obama ne sait toujours pas pourquoi il a reçu le prix Nobel de la paix
1994 : Shimon Peres

Le président Shimon Peres, le 22 mai 2016 à Tel-Aviv
© / afp.com/JACK GUEZ
Lauréat avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat pour avoir oeuvré en direction de la paix entre Palestiniens et Israéliens, Shimon Peres est accusé en 2009 par un ex-membre du comité Nobel d'avoir "déshonoré" le prix Nobel pour avoir, en tant que président d'Israël, défendu une attaque israélienne qui a fait une quarantaine de morts dans une école de Gaza.
1991 : Aung San Suu Kyi

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi devant la Cour internationale de justice, le 11 décembre 2019 à La Haye
© / afp.com/Frank Van BEEK
Nobelisée en 1991 pour sa résistance pro-démocratique face à la junte militaire, la "Dame de Rangoun" est longtemps sanctifiée. Devenue ensuite la femme forte de Birmanie, elle est vivement critiquée pour son inaction face aux exactions de l'armée birmane et de milices bouddhistes à l'encontre de la minorité musulmane rohingya, qualifiées de "génocide" par des enquêteurs de l'ONU. Près de 430 000 personnes signent une pétition en ligne pour réclamer la révocation de son prix.
1973 : Henry Kissinger

L'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger, à Washington le 25 janvier 2018
© / afp.com/MARK WILSON
Honoré avec Le Duc Tho pour les accords de paix de Paris censés amener un cessez-le-feu dans la guerre au Vietnam, l'Américain Henry Kissinger est ensuite accusé d'avoir favorisé l'escalade du conflit et d'avoir soutenu des dictatures pendant la Guerre froide.
1907 : Ernesto Teodoro Moneta

Le prix Nobel 1907 et pacifiste italien Ernesto Moneta
© / Domaine public
Le pacifiste italien Ernesto Moneta est, quatre ans après avoir reçu son Nobel, vivement critiqué pour avoir soutenu l'entrée en guerre de son pays contre l'Empire ottoman en 1911.
