Généralement, on ne se déplace pas chez Oprah Winfrey pour ne rien dire. L'interview tant attendue entre la papesse de la télévision américaine et le couple Harry-Meghan, retiré depuis un an de leurs fonctions royales chez les Windsor, n'a pas déçu.

Pendant deux heures, le fils de Diana Spencer et l'actrice devenue célèbre grâce à la série Suits ont dénoncé le comportement de "la Firme", particulièrement dur à l'encontre de l'épouse du prince Harry. Meghan Markle a évoqué ses pensées suicidaires. Le duc de Sussex a quant à lui fait part de ses relations désastreuses avec son père, le prince Charles. Et des commentaires suspects - si ce n'est plus - sur la couleur de peau de leur fils Archie, peu avant sa naissance, ainsi que son absence de titre.

La presse britannique donne ce lundi un large écho à cette interview. "Maintenant, ça ne fait aucun doute qu'ils ont dû partir [de la famille royale, ndlr]", résume sobrement ce lundi The Guardian. "Ils ont eu raison de s'exprimer", écrit dans la même veine The Independant, la vérité est maintenant là". Il s'agit "sans aucun doute de l'interview de l'année". La monarchie aurait eu besoin d'un "gilet pare-balles" face aux "obus" lancés lors de cette interview, selon The Daily Telegraph. Les allégations de racisme concernant Archie - qui ne concernent ni la Reine, ni le prince Charles, mais bien un membre de la famille - ont pris tout le monde de court.

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"Quoi que la famille royale attendait de cette interview, c'était pire", abonde le quotidien de centre-droit The Times, pour qui il apparaît évident que la famille royale n'a pas beaucoup aidé Meghan à s'intégrer. Le média publie plusieurs analyses contradictoires. "Un tel carnage, à une telle échelle (...) sur une famille royale déjà blessée (...) Et pour quoi faire ?", livre une autre. Tandis qu'une troisième voit dans cet entretien une manifestation de "l'étreinte d'une télévision tabloïd", où le cadre bucolique mis en place par Oprah Winfrey sur la chaîne CBS tranche avec la brutalité des propos du couple Harry-Meghan. Toujours sous cet angle "médiatique" The Independant observe également avec un peu plus d'ironie la nécessité d'un changement de casting, comme pour une nouvelle saison de The Crown, cette série sur le règne d'Elizabeth II multirécompensée. "Le problème est clair : la liste des acteurs a besoin d'être radicalement rafraîchie, ce qui n'est pas si facile à faire lorsque tout le concept de la série repose sur le principe héréditaire."

"Une interview répugnante et malhonnête"

Les célèbres tabloïds, plus conservateurs et volontairement tapageurs, s'en prennent eux frontalement au couple. Le Daily Mail s'indigne des "insultes" du prince à sa famille, son commentateur Piers Morgan dénonçant une "propagande écoeurante" et un discours "hypocrite" de la part d'un couple enrichi par la royauté qui se plaint devant des millions de téléspectateurs de la pression médiatique. "Jamais je n'ai regardé une interview plus répugnante et malhonnête", écrit-il dans un style emphatique.

"Il faudra plus que cela pour renverser la monarchie", s'amuse presque The Sun, qui s'émeut toutefois de la démarche. "Même après 44 ans de couverture de la vie royale dans laquelle je pensais avoir tout vu et tout entendu, ce confessionnal aux heures de grande écoute américaines était choquant à voir", cingle le photographe Arthur Edwards.

La pression et le racisme des médias britanniques expliquent "en grande partie" le départ du couple, a dit Harry, dans un nouvel extrait diffusé lundi. Alors que le Mirror consacre les 10 premiers articles de son site à l'affaire, décortiquée dans tous les sens. Pour ces tabloïds, l'interview est désormais passée. Plus que les propos du couple ou les réactions royales, la question qui les taraude désormais est de savoir qui est accusé de racisme par Harry. Le Mirror a déjà sa petite idée : "Quelqu'un de plus puissant que Harry, et plus proche de la couronne que lui." Affaire à suivre.