Le constat est édifiant et appelle à une réaction de la communauté internationale. Dans son dernier rapport "Planète vivante", le WWF a établi que les populations d'animaux sauvages avaient décliné de 68% entre 1970 et 2016. Une conclusion d'autant plus alarmante que le rapport de 2019 présentait un pourcentage de 60% entre 1970 et 2014. En deux années, la situation s'est donc considérablement dégradée.

LIRE AUSSI >> La biodiversité connaît un déclin "sans précédent"

La destruction de la biodiversité est en partie due à la destruction des habitants des animaux, d'après les conclusions du rapport. L'homme a notamment utilisé ces territoires pour développer une agriculture massive de type industrielle, mais aussi construire des habitations. La production agricole est responsable de 80% de la déforestation mondiale.

Des chiffres encore plus inquiétants en eau douce

L'ONG se base sur l'Indice Planète Vivante (IPV), notamment utilisé par l'ONU pour déterminer l'état de la biodiversité dans le monde. Au total, ce ne sont pas moins de 21 000 populations de mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens qui sont suivis dans le monde. Créé en 1970, cet indicateur intègre en 2020 400 nouvelles espèces et 4870 nouvelles populations.

LIRE AUSSI >> Pollinisation, moins de pesticides : ce que nous devons à la biodiversité

Des zones sur globe sont beaucoup plus touchées que les autres. L'IPV dans les sous-régions tropicales des Amériques a par exemple chuté de 94% en l'espace de 50 ans. Un Indice Planète Vivante eau douce permet aussi de se rendre compte d'une baisse encore plus importante de la biodiversité d'eau douce. De 1970 à 2016, il a diminué de 84%.

De multiples conséquences pour l'homme

Outre la disparition des espèces, le déclin des populations sauvages va également avoir un impact sur l'alimentation mondiale. Sur les 40 espèces animales domestiques, 8 sont à l'origine de 95% de la production alimentaire mondiale. Le WWF a également évalué le coût du déclin de la biodiversité. L'ONG chiffre à 479 milliards d'euros par an ses conséquences économiques. En 2050, 10 000 milliards d'euros auront tout simplement été perdus si des actions ne sont pas mises en place.

LIRE AUSSI >> Les insectes sont en danger d'extinction

Le WWF milite notamment pour la signature d'un "New Deal pour l'Homme et la Nature". Afin d'inverser la tendance, l'ONG a travaillé au sein du consortium Bending the Curve, avec une quarantaine d'universités, des organisations de conservation et plusieurs ONG, afin de trouver des solutions pour donner un nouvel élan à la biodiversité. Deux axes majeurs en ressortent : la conservation de la nature et la transformation de notre système alimentaire moderne.

La biodiversité absente du plan de relance

Adapter notre façon de produire serait l'une des clés, avec un mode de production plus durable et l'accent mis sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. Le WWF estime qu'un engagement doit être pris par tous les pays du monde pour stopper l'extinction des espèces provoquée par l'homme. Au niveau de la France, le WWF critique fortement le plan de relance présenté par Jean Castex, qui n'évoque pas la biodiversité. Un effort doit également être fait sur la lutte contre la déforestation importée.

"La destruction des écosystèmes à des fins agricoles demeure la principale cause du déclin de la biodiversité. 80% de la déforestation mondiale et la majorité des feux de forêts tropicaux, de même qu'une grande partie de la disparition des zones humides et des pollutions des milieux d'eau douce s'expliquent par l'extension des surfaces agricoles", assure Arnaud Gauffier, directeur des programmes au WWF France.