Ses propos ont choqué bon nombre d'Australiens : jeudi dernier, le Premier ministre local Scott Morisson déclarait, lors d'une interview accordée à la radio 2GB de Sydney, que l'esclavage n'avait "pas existé" dans le pays. S'il a finalement renoncé à cette déclaration le lendemain, assurant que ses commentaires "se rapportaient aux principes qui existaient lors de la fondation de la colonie de Nouvelle-Galles du Sud" qu'il ne devait pas y avoir d'esclavage légal en Australie, les internautes, eux, ont tenu à lui rappeler l'existence de telles pratiques.

Un utilisateur australien a ainsi posté sur son profil Facebook personnel la photo de neuf hommes aborigènes, enchaînés par le cou et portant des pagnes devant la prison de Roebourne, en 1896. "Enlevés, arrachés des bras de leurs proches et forcés à un travail éreintant : la brutale réalité de la vie d'un travailleur Kanaka - mais Scott Morrison affirme qu'il n'y avait pas d'esclavage en Australie", dénonce-t-il.

Un post supprimé de Facebook

Le problème ? Le post a rapidement été supprimé par Facebook, et le compte de l'utilisateur restreint. Selon le géant américain, la nudité des hommes représentés sur la photo viole les normes communautaires du site. Une suppression qui n'a pas tardé à faire réagir les internautes, indignés par une telle pratique.

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Comme le rapporte le Guardian Australie, le post a finalement été rétabli après que le journal a demandé à Facebook "si la photo avait été signalée par erreur". La plateforme s'est ensuite excusée auprès de l'utilisateur concerné, tandis qu'une porte-parole de Facebook a déclaré vendredi que la photo avait effectivement été retirée "par erreur" par le système automatisé.

Selon le dernier rapport sur les normes communautaires de Facebook, la plateforme aurait retiré 39,5 millions de contenus de son site en raison de la nudité ou l'activité sexuelle d'adultes entre janvier et mars 2020. Pas moins de 99,2% ont été retirés automatiquement par le site, sans qu'aucun utilisateur ne signale ces fameux contenus.

En 2016, Facebook avait notamment renoncé à interdire la célèbre photo de Kim Phúc, neuf ans, fuyant une attaque au napalm pendant la guerre du Vietnam, en raison de la nudité de la photo, après une forte réaction contre les affirmations de censure. La même année, Facebook avait également été largement critiqué en Australie pour avoir bloqué le compte de l'écrivain Celeste Liddle, qui avait partagé la bande-annonce d'une émission comique indigène présentant des images de femmes seins nus dans le désert.