Les capitaines qui veulent sauver les vies des migrants en Méditerranée n'ont pas dit leur dernier mot. Ce samedi, l'Alex, voilier du collectif italien de gauche et d'extrême gauche Mediterranea, a annoncé sur Twitter être entré dans le port de Lampedusa par nécessité.

"Maintenant, les survivants sont immédiatement débarqués et pris en charge", a tweeté le collectif. Le voilier de 18 mètres transportait 41 migrants. C'est la deuxième fois que l'autorité du ministre italien est mise à l'épreuve en quelques jours, une semaine après le Sea-Watch 3 et sa capitaine, Carola Rackete.

Un autre navire attend au large de Lampedusa

Aux côtés de l'Alex au large de Lampedusa, le navire Alan Kurdi, de l'ONG allemande Sea-Eye, attend de pouvoir débarquer. L'Alan Kurdi (du nom du petit Syrien retrouvé noyé en Turquie en 2015), transporte, lui, 65 migrants à bord. "Nous attendons dans les eaux internationales au large de Lampedusa", a tweeté samedi Sea-Eye depuis son embarcation.

La police douanière "est venue elle-même nous signifier le décret de Salvini : le port est fermé". Un décret-loi adopté en juin prévoit des amendes jusqu'à 50 000 euros contre le capitaine, le propriétaire et l'armateur d'un navire qui entrerait sans autorisation dans les eaux italiennes. L'association rappelle d'autre part que l'Allemagne est prête à accueillir certains migrants "dans le cadre d'une solution européenne de solidarité".

Selon Sea-Eye, les 65 migrants de l'Alan Kurdi (64 hommes et une femme) ont été secourus à bord d'un canot surchargé dépourvu de provisions d'eau suffisantes, de téléphone satellitaire ou d'instrument d'aide à la navigation.

Une capitaine visée par deux enquêtes

La semaine dernière, les autorités italiennes ont saisi à Lampedusa un navire d'une ONG allemande, le Sea-Watch 3, et arrêté sa capitaine, Carola Rackete, qui avait accosté de force pour débarquer 40 migrants secourus en mer et bloqués à bord depuis plus de deux semaines.

Une juge italienne a invalidé mardi l'arrestation de la capitaine au motif qu'elle avait agi pour sauver des vies mais elle est toujours visée par deux enquêtes, pour résistance à un officier et pour aide à l'immigration clandestine.

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Matteo Salvini a réitéré samedi à Milan son appel à réformer le règlement de Dublin qui confie l'examen de la demande d'asile au pays d'entrée dans l'Union européenne, estimant qu'il fait peser un fardeau injuste sur l'Italie car "il ne semble pas que la majorité des pays européens veuillent agir comme cela".

Malgré la fermeté affichée par Matteo Salvini, migrants et demandeurs d'asile continuent de vouloir gagner l'Italie, parfois secourus par les autorités italiennes. Selon le ministère de l'Intérieur, 191 sont arrivés par mer la semaine passée.