Baisser les impôts des plus riches pour dynamiser le pays. Ce credo a fait le succès politique du dirigeant américain Ronald Reagan et de la Britannique Margaret Thatcher. Résolue à appliquer à la lettre les recettes de "Maggie", la Première ministre Liz Truss pensait tenir, avec cette mesure emblématique du "mini-budget" présenté le 23 septembre par son chancelier de l'Echiquier, Kwasi Kwarteng, une formule gagnante, à même de redonner de la "croissance" à un Royaume-Uni fragilisé par l'inflation et menacé par la récession.

Mais pensée magique et politique économique ne font pas bon ménage. Chute historique de la livre, flambée des taux, sauvetage d'urgence par la Banque d'Angleterre : Truss a été brutalement désavouée par des marchés craignant un dérapage budgétaire historique. Ciblée par des éditos assassins de la presse conservatrice et une menace de fronde, son gouvernement a rétropédalé, le 3 octobre, sur la proposition ultra-controversée en faveur des contribuables fortunés.

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Ils étaient pourtant nombreux, au sein de son parti, à avoir prévenu que de telles mesures provoqueraient une catastrophique réaction en chaîne en période de hausse des prix, à commencer par le rival de Truss pour la succession à Boris Johnson, Rishi Sunak.

Pour la "fan" de Thatcher - qui a oublié que la Dame de fer défendait l'orthodoxie budgétaire - , il y a dorénavant urgence à limiter la casse économique... et politique : l'institut YouGov donne une trentaine de points d'avance à l'opposition travailliste, soigneusement recentrée par son leader Keir Starmer après le radicalisme des années Corbyn.