Une coalition de pays "volontaires" de l'Union européenne envisage de prendre en charge jusqu'à 1500 enfants migrants actuellement bloqués sur les îles grecques par mesure de soutien "humanitaire", a annoncé ce lundi matin le gouvernement allemand. Cette annonce intervient alors que le chef de l'État turc est attendu ce lundi à Bruxelles pour des entretiens avec les responsables de l'Union européenne sur la situation des migrants à la frontière turco-grecque.

LIRE AUSSI >> Migrants : à la frontière gréco-turque, les rêves d'Europe s'effondrent bien vite

"Au plan européen une négociation se tient ces jours-ci au sujet d'une solution humanitaire avec l'objectif d'organiser la prise en charge de ces enfants dans le cadre d'une 'coalition des volontaires'", a souligné le gouvernement allemand dans un communiqué, sans préciser les noms des pays impliqués.

"Nous voulons soutenir la Grèce à faire face à la situation humanitaire difficile de 1000 à 1500 enfants se trouvant sur les îles" du pays, ont ajouté les partis de la coalition gouvernementale de la chancelière Angela Merkel, conservateurs et sociaux-démocrates, à l'issue d'une réunion de plusieurs heures ayant commencé dimanche soir. "Il s'agit d'enfants qui, en raison d'une maladie ont urgemment besoin de soins, ou d'enfants non accompagnés et âgés de moins de 14 ans, pour la plupart des filles", ont-ils souligné.

Usage disproportionné de la force contre les migrants

Dans le même temps, une source gouvernementale a indiqué dimanche que la Grèce va rallonger de 36 km la clôture renforcée le long de sa frontière avec la Turquie, afin de mieux contenir les migrants et réfugiés qui tentent de la franchir. "Nous avons décidé de rallonger immédiatement la clôture dans trois secteurs", au sud de la zone actuellement sous pression, a ajouté cette source, précisant que le reste de la clôture allait être encore renforcé.

Des dizaines de milliers de réfugiés tentent depuis une semaine de passer de Turquie en Grèce, après que la Turquie eut prévenu qu'elle ne les empêcherait plus de la faire. Une source policière a indiqué ce dimanche que des renforts de policiers anti-émeute avaient été dépêchés dans la région au cours des derniers jours, en plus de drones et de chiens policiers. Policiers et migrants ont échangé des grenades lacrymogènes et des pierres au cours des derniers jours le long de cette frontière.

Athènes accuse la police turque de fournir aux migrants et réfugiés des pinces coupantes pour tenter de découper des passages dans la clôture frontalière. De son côté, la Turquie a accusé les garde-frontières turcs d'usage disproportionné de la force contre les migrants, en tuant au moins cinq et en blessant plusieurs, ce que le gouvernement grec a démenti.

LIRE AUSSI >> Grèce : des projectiles "potentiellement mortels" utilisés à la frontière?

Les partis de gauche en Allemagne font pression depuis plusieurs jours pour que l'Europe et l'Allemagne en particulier prennent en charge les enfants déjà présents en Grèce ou se pressant à la frontière turco-grecque, après la diffusion d'images sur la situation très précaire de nombreux mineurs sur place. Certains responsables du parti conservateur d'Angela Merkel avaient toutefois exprimé ces derniers jours leur scepticisme, redoutant d'envoyer un mauvais "signal" aux migrants qu'ils étaient à nouveau les bienvenus en Allemagne.

Le pays a accueilli plus d'un million d'entre eux à la suite de la crise des migrants de 2015, ce qui a créé des remous politiques importants dans le pays et fragilisé jusqu'à aujourd'hui la chancelière Angela Merkel en dopant l'opposition d'extrême droite notamment.