Le chef des libéraux (FPD) Christian Lindner avait de quoi arborer un sourire satisfait au soir des élections législatives du 26 septembre. En plus d'avoir amélioré son résultat (11,5 % contre 10,7 % en 2017), son parti termine en tête des suffrages des primo-votants, au même niveau que les Verts (23 %), selon l'institut Infratest Dimap.

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C'est une tendance lourde : les jeunes tournent le dos aux vieux partis traditionnels. Le SPD n'a obtenu que 15% de leurs suffrages et les conservateurs à peine 10%. FDP et Grünen incarnent le vent du changement outre-Rhin. Cela peut surprendre en ce qui concerne les libéraux, attachés à une certaine austérité fiscale. Mais ils ont profité du dynamisme de leur leader de 42 ans, physique élancé et parole maîtrisée. Et partagent avec les Verts des objectifs ambitieux de modernisation du pays en matière de neutralité énergétique, de numérisation et de droits civiques. Autant de thématiques auxquels les plus jeunes sont sensibles.

Certes, leurs instruments pour y parvenir diffèrent. Les libéraux refusent les hausses d'impôts des Verts. Mais Lindner a fait de l'entente avec ceux-ci la priorité des tractations pour former une coalition, avant même de voir avec qui le duo pourrait gouverner (sociaux-démocrates ou conservateurs). "Le rapport de force a changé, constate Benjamin Schreiber, chercheur à la Fondation Friedrich Ebert, proche du SPD. Les deux grands partis vont être obligés de faire des concessions majeures pour obtenir la chancellerie." De bon augure pour Lindner, qui vise un ministère capital pour sa formation, celui des Finances.