La huitième vague s'installe dans l'Hexagone. La circulation du virus du Covid continue à progresser en France depuis le rebond entamé début septembre. Sur le plan des restrictions sanitaires, le gouvernement ne prévoit pas de serrer la vis. Le ministre de la Santé, François Braun, a déclaré, le 27 septembre au micro de Franceinfo, qu'il fallait "faire confiance aux Français" ajoutant qu'il était "plus raisonnable" de mettre son masque lorsqu'on était "les uns sur les autres".

Il faut dire que l'exécutif mise tout sur la stratégie vaccinale : pour contrer la progression du virus, la nouvelle campagne de rappel contre le Covid-19 débute, ce lundi 3 octobre, avec les nouveaux vaccins adaptés à Omicron.

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Un rappel pour les plus fragiles

Cette nouvelle campagne de vaccination va concerner "les personnes fragiles, les plus de 60 ans, les professionnels de santé et les personnes qui sont en contact avec les personnes fragiles". Autrement dit, les personnes immunodéprimées et leur entourage, les femmes enceintes (dès le 1er trimestre de grossesse) ou encore les personnes qui présentent des comorbidités.

Cela ne concernera pas la population générale, même si "bien entendu, si vous souhaitez vous faire vacciner, vous pourrez", a précisé le ministre de la Santé, François Braun.

Seuls 34,8% des 60-79 ans et 48,3% des 80 ans et plus éligibles ont eu jusqu'alors leur deuxième rappel.

Des vaccins nouvelle génération

La campagne de rappel est réalisée avec les vaccins adaptés à Omicron. Ces nouveaux vaccins à ARN messager sont qualifiés de "bivalents", car ils ciblent deux souches du virus Sars-Cov-2 : des sous-variants d'Omicron en plus de la souche originale du virus qui provoque la maladie du Covid-19. Pour la Haute Autorité de santé, ils doivent être administrés "préférentiellement" aux vaccins "monovalents" (qui ne ciblent qu'une souche).

Comment ont-ils été créés ? Pour le sérum proposé par Moderna, il a été fabriqué avec la souche BA.1 d'Omicron. De son côté, Pfizer propose deux flacons différents : l'un mis sur pied avec la souche BA.1 et l'autre avec la souche BA.4 et BA.5. À noter que ces vaccins bivalents n'ont reçu une autorisation de mise sur le marché que dans le cadre du rappel vaccinal.

Quid des stocks ?

Lundi 3 octobre, les professionnels de santé qui ont commandé des vaccins Moderna pourront l'administrer s'ils ont déjà reçu les doses en question. Il faudra attendre trois jours de plus, soit à partir du 6 octobre, pour que les flacons de vaccins nouvelle génération Pfizer/BioNTech arrivent progressivement, selon Le Parisien.

Plus de 500 000 doses ont déjà été livrées ces derniers jours. D'ici novembre, 12 millions de doses seront disponibles de ces vaccins qui ont été adaptés au variant Omicron, affirme nos confrères de RTL.

Question logistique, il sera possible se faire vacciner principalement en ville, c'est-à-dire en pharmacie et chez le médecin, car très peu de centres de vaccination ont rouvert leurs portes. Il est possible de prendre rendez-vous sur le site officiel santé.fr, sur Doctolib.

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Ainsi, cette nouvelle campagne de protection contre le Covid-19 devrait mettre les vaccins dits de première génération de côté. Or, les stocks restent importants, comme le rappelait L'Express dans un article daté du 1er octobre. Selon les chiffres communiqués par la direction générale de la Santé, la France possédait les réserves suivantes au 27 septembre, 1,85 million de flacons de Moderna et 1,7 million de flacons de Pfizer. Au total, un peu plus de 30 millions de doses de vaccins pouvant être injectées. Cependant, les vaccins classiques devraient être utiles jusqu'à l'arrivée des nouveaux, le temps d'établir la transition.

L'hôpital déjà impacté

La rentrée scolaire a joué un rôle moteur dans cette reprise de l'épidémie après qu'elle est tombée à un niveau particulièrement bas fin août. "La progression de la circulation du SARS-CoV-2 s'est poursuivie sur la quasi-totalité du territoire métropolitain", a résumé Santé Publique France dans son bulletin épidémiologique portant sur la période du 19 au 25 septembre.

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Encore importante, la hausse des contaminations est apparue moins forte que la semaine précédente. Au 2 octobre, on comptait 37 453 cas quotidiens, soit une augmentation de 19,4% par rapport à dimanche dernier. Autre courbe à surveiller : celle des hospitalisations qui augmentent aussi désormais. Au total, on enregistre 14 554 lits occupés dans les hôpitaux pour Covid-10, vendredi 30 septembre, contre 12 961 une semaine avant. Le même jour, il était comptabilisé 685,9 admissions quotidiennes à l'hôpital sur une moyenne de sept jours, contre 431 au 23 septembre. À cela, s'ajoute le nombre de décès qui continue à gonfler timidement (173 dans les hôpitaux du 19 au 25 septembre, +5% sur une semaine).

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Selon Santé Publique France, le taux d'incidence - nombre de malades du Covid-19 sur 100 000 habitants - s'élève à 447,6, soit une augmentation de 35,2% en sept jours. Les départements de l'est de la France font partie des territoires les plus touchés par la circulation rapide du virus. Parmi les plus touchés, les Ardennes avec un taux d'incidence fixé à 765.

Dans le détail par tranches d'âge, le taux d'incidence et celui de positivité augmentent fortement chez tous les adultes âgés d'au moins 20 ans, tandis qu'ils diminuent chez les enfants.