Angela Merkel battra-t-elle le record de longévité d'Helmut Kohl ? Plus les jours passent, plus il apparaît probable que son - ou sa - successeur(e) ne sera pas nommé(e) avant l'hiver... En Allemagne, le chancelier n'est en effet pas élu au suffrage universel direct, comme en France, mais désigné par les députés de l'Assemblée fédérale (Bundestag) - qui seront élus ce 26 septembre. Le régime parlementaire offre cet avantage de pouvoir voter pour un parti selon ses convictions - et non en fonction du second tour, comme c'est souvent le cas lors de la présidentielle française.

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Sauf que cette fois, aucun parti allemand ne semble en mesure - si les sondages se confirment dans les urnes - d'obtenir la majorité absolue. La formation du prochain gouvernement s'annonce donc longue et compliquée. Le paysage politique d'outre-Rhin est en effet de plus en plus morcelé. Jusqu'en 1983, il n'y avait que trois groupes parlementaires au Bundestag, contre six aujourd'hui. Les grands partis populaires, comme la CDU et le SPD, n'atteignent plus les scores élevés (plus de 40 %) comme dans les années 1990, mais se situent plutôt autour de 25 %. Et l'extrême droite, entrée à l'Assemblée en 2017 comme première force d'opposition (12,6 %), complique la situation pour la recherche d'une majorité, car elle oblige les formations politiques à des alliances inédites. Ainsi, l'Allemagne sera vraisemblablement, et pour la première fois de son histoire, pilotée par une coalition à trois partis dans un avenir proche.

Pour toutes ces raisons, Angela Merkel pourrait bien battre le record de longévité de son mentor Helmut Kohl - qui avait, lui aussi, dirigé l'Allemagne pendant 5 870 jours - soit un peu plus de seize ans. Pour dépasser son maître, la chancelière devra tenir son poste jusqu'au... 17 décembre prochain.