Il s'estime "blanchi", mais Mediapart ne l'entend pas de cette oreille. Le site d'investigation a publié ce mardi soir plusieurs photos et des témoignages prouvant, selon lui, que les dîners organisés à l'Hôtel de Lassay par l'ex-président de l'Assemblée nationale et son épouse, François et Séverine de Rugy, étaient bien "amicaux".

Et ce, alors que l'ancien ministre de la Transition écologique a été en majorité exonéré par les enquêtes de l'Assemblée et du gouvernement rendues publiques ce mardi. Seuls trois dîners, sur les douze examinés, relèvent du caractère "privé" et ont un niveau de prestation "nettement supérieur aux usages", estime le rapport.

"C'est aussi du relationnel"

Mediapart estime que tous les dîners contrôlés relevaient en fait du privé. Pour preuve : une photo de l'un de ces repas, sur laquelle figure une adolescente au visage flouté. Mais aussi le témoignages d'invités à ces soirées.

Parmi eux, la productrice de cinéma Vanessa Djian, le patron des Bains Jean-Pierre Marois, les journalistes Alexandre Kara et Guillaume Dasquié, qui ont tous assisté à un dîner le 5 mai 2018. Alors que le rapport du secrétaire général de l'Assemblée affirme que la "majorité" des dîners examinés étaient organisés autour d'un "thème" de discussion, attestant du caractère professionnel, celui-ci n'en avait visiblement pas, assure le site, citant les témoignages contradictoires des invités mentionnés sur les sujets de discussion ce soir-là.

Le lien entre les invités est en réalité Séverine Servat de Rugy, estime Mediapart, qui détaille comment ces derniers connaissaient tous, de près ou de loin, la femme de l'ex-président de l'Assemblée nationale.

La journaliste à Gala s'en était déjà expliqué. Dans une conversation téléphonique à Mediapart mi-juillet, elle reconnaissait que les invités relevaient du "cercle amical qui, à partir du moment où il se trouve à l'Assemblée nationale par exemple, n'est plus un cercle amical". "C'est aussi du relationnel... enfin c'est purement du relationnel, etc., et des discussions avec les gens. On n'est pas là pour se taper la cloche", avait-elle expliqué. Visiblement suffisant pour convaincre l'Assemblée, mais pas le site à l'origine des révélations.