La vie normale reprend doucement son cours. La semaine dernière, les habitants de Sidney sont sortis de près de quatre mois d'un confinement strict, décrété dans la plus grande ville d'Australie pour faire barrage à l'épidémie de Covid-19 - tirée par le variant Delta. Longtemps perçue comme un modèle de gestion de l'épidémie, l'Australie est touchée par un fort rebond de l'épidémie depuis le début de l'été dernier et constate son retard sur le volet de la vaccination. Début mai, Israël avait déjà administré au moins une dose à plus de 60 % de sa population et les États-Unis plus de 40 %. Au même moment, l'Australie peinait à atteindre les 10 %. Alors que la chape de plomb se craquelle, le géant d'Océanie vaccine à tour de bras pour rattraper les autres pays occidentaux, à l'instar de la Nouvelle-Zélande qui a administré une dose à 2,5% de sa population dans la seule journée de samedi.

Les Australiens sont efficaces : alors que 50% de la population disposait d'au moins une dose début septembre, ils sont désormais 70% à en être à ce stade. Pour l'instant, 54% des habitants disposent d'un schéma vaccinal complet - contre 30% début septembre. Il y a quelques mois à peine, l'Australie disposait du plus faible taux de personnes entièrement vaccinées au sein de l'OCDE. En Nouvelle-Galles du Sud, 91,1 % des individus de plus de 16 ans ont reçu au moins une dose au 14 octobre et 76,5 % sont entièrement immunisé. À Victoria, ces chiffres s'élèvent à 86,7% et 61,5%. La capitale - Canberra - fait aussi office de bonne élève : 98% des personnes âgées de plus de 12 ans ont reçu au moins une dose du vaccin Covid-19, et 75,9% ont eu les deux. Avec 395 000 habitants, elle est en passe de devenir la ville la plus vaccinée contre le Covid-19 au monde et les autorités prévoient que la quasi-totalité de la population éligible soit vaccinée d'ici à la fin novembre.

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Dans le nord de l'Australie, la vaccination est même devenue obligatoire pour des dizaines de catégories professionnelles (caissiers, coiffeurs...). Inquiet du faible taux d'immunisation contre le Covid-19 chez certaines franges de la population, le Premier ministre de cette province, Michael Gunner, a annoncé que "toute personne travaillant en contact avec du public devra être vaccinée". Le territoire est vaste puisqu'il s'étend de la ville de Darwin à l'Outback d'Alice Springs et d'Uluru. Autant d'initiatives qui visent à accélérer la campagne de vaccination entamée en février dernier - soit trois mois après la France. En cause : des problèmes d'approvisionnement et des ratés du gouvernement. Alors que l'élimination du virus semble désormais très improbable, les autorités misent dorénavant tout sur la vaccination. Et ils ne sont pas les seuls.

Un avion transformé en centre de vaccination

Dans une dynamique similaire, le gouvernement néo-zelandais utilise une multitude de stratégies et de gadgets dans le but de faire vacciner les derniers 20% de sa population éligible contre Covid-19. Mi-août, le pays a été confronté à une résurgence de l'épidémie qui a mis en lumière son faible taux de vaccination. A l'époque, seuls 23% des cinq millions d'habitants en Nouvelle-Zélande disposent d'un schéma vaccinal complet, soit le taux le plus bas parmi les 38 membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande a abandonné sa stratégie "zéro Covid" alors que le nombre de cas augmentait. Jeudi 14 octobre, le pays a enregistré 71 contaminations au Covid-19 en 24 heures, un record depuis six mois dans le pays.

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Le gouvernement a prédit cette semaine que le nombre de cas atteindrait environ 140 par jour d'ici à la fin du mois. Le gouvernement dirigé par Jacinda Ardern s'est donc lancé dans une course contre la montre afin de faire gonfler le taux de vaccination. Et le pouvoir néo-zélandais ne manque pas d'imagination. La compagnie aérienne nationale, Air New Zealand, a annoncé cette semaine qu'elle convertirait un 787 Dreamliner en une nouvelle clinique de vaccination. "Les gens embarqueront par la porte d'entrée en business class, où ils recevront une dose du vaccin Pfizer dans le bras de leur choix", a déclaré la compagnie aérienne dans un communiqué. Samedi 16 octobre, la Première ministre a lancé le "super samedi" des vaccinations qui s'est révélé être un succès : plus de 2,5% de la population ont répondu à l'appel pour se faire piquer en une seule journée.

La Première ministre, Jacinda Ardern, s'est fixé un objectif ambitieux d'administrer 100 000 injections par jour, dans le but de pousser les taux de vaccination vers son objectif de 90 % - mi-octobre, 70% de la population a reçu au moins une dose. Afin de rendre sa campagne de vaccination plus attrayante, des célébrités ont été invitées à promouvoir l'événement à l'instar du réalisateur Taika Waititi, les chanteurs Lorde et Marlon Williams, ainsi que les All Blacks du rugby. Et le gouvernement néo-zélandais n'hésite pas à jouer sur l'amour de la population pour la restauration rapide. À Hamilton, les clients de McDonald's peuvent profiter d'une offre spéciale : un shot de Pfizer accompagné d'un hamburger. À Christchurch, les candidats vaccinés se voient proposer des fish and chips dans des food trucks.