Au prix de sa vie, il a empêché un kamikaze d'entrer dans leur lieu de culte. Depuis les attentats de Pâques au Sri Lanka, les membres de la congrégation de l'église évangélique de Zion à Batticaloa (dans l'est du pays) rendent hommage à Ramesh Raju, devenu pour eux un véritable héros.

Une semaine après les attentats, des dizaines de personnes font encore la queue pour présenter leurs condoléances à la veuve du disparu. Depuis le drame, la route qui mène à sa maison est flanquée d'affiches et de photos représentant cet homme de 40 ans, père de deux enfants.

Volontaire pour contrôler la foule, il sauve 600 personnes

En ce matin de Pâques, l'église était bondée et les gens continuaient à arriver. Ramesh Raju s'était porté volontaire pour aider à contrôler la foule. Voyant arriver un homme qu'il ne connaissait pas, chargé de deux sacs, il est allé lui dire de les laisser dehors.

Velusami Raju, le 26 avril 2019 montre une photo de son fils Ramesh, mort en empêchant un kamikaze d'entrer dans l'église de Batticaloa, au Sri Lanka

Velusami Raju montre une photo de son fils Ramesh, mort en empêchant un kamikaze d'entrer dans l'église de Batticaloa, au Sri Lanka

© / afp.com/LAKRUWAN WANNIARACHCHI

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Après une courte dispute, la bombe a explosé, tuant le malheureux et 28 autres personnes, dont 14 enfants, qui se trouvaient dehors. Mais les 600 personnes déjà à l'intérieur de l'église ont été sauvées. La majorité des 253 personnes tuées dans les attentats de Pâques sont des fidèles des deux autres églises visées par les kamikazes.

"Lorsque Ramesh a eu des soupçons, il aurait pu s'enfuir, mais il a choisi de s'opposer à cet homme pour l'empêcher d'entrer dans l'église", explique son père, Velusami Raju. "Je suis très fier qu'il ait sauvé autant de vies, et surtout autant d'enfants", ajoute ce dernier.

Il devait rappeler son père après le service

Son fils lui avait parlé par téléphone quelques minutes avant l'explosion, et lui avait dit qu'il le rappellerait après le service. Mais quand le téléphone a sonné de nouveau, c'était un paroissien qui annonçait à Velusami que son fils était mort dans l'explosion. Une soeur de Raju a également été tuée, ainsi que son mari et son fils de 20 mois.

"J'ai perdu mon petit-fils, mais en même temps je suis tellement fier que mon fils ait sauvé tellement d'enfants, pour que d'autres familles n'aient pas à vivre ce que nous vivons", ajoute encore cet ouvrier à la retraite, les larmes aux yeux.