Longues quarantaines obligatoires à l'arrivée sur le territoire, confinements ciblés, dépistages massifs, applications mobiles de suivi des déplacements et limitation drastique des vols internationaux... Grâce à ces mesures particulièrement strictes, la vie est quasi-normale en Chine. Mais cette stratégie est mise à rude épreuve lorsque de multiples cas se sont déclarés dans le pays.

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La ville de Pékin a annoncé qu'elle dépisterait dimanche tous les habitants d'un quartier après la découverte d'un foyer épidémique, à moins de deux semaines du début des JO d'hiver dans la capitale chinoise. La ville a signalé le week-end dernier un premier cas du très contagieux variant Omicron chez une personne ayant reçu une lettre du Canada qui, selon les autorités, portait des traces du virus. La capitale chinoise avait alors suspendu des milliers de vols et multiplié les tests Covid après avoir enregistré ce premier cas.

Le confinement de la ville de Xi'an levé mardi

Un deuxième foyer épidémique est lié à la souche Delta du coronavirus. Le district de Fengtai, situé dans le Sud de Pékin, à 20 km environ du site qui doit accueillir les épreuves olympiques de ski acrobatique freestyle et de snowboard, est concerné. Fengtai est le quartier où se trouve le marché Xinfadi, qui avait été en 2020 l'épicentre d'un précédent foyer épidémique. Des traces de virus sur une planche à découper du saumon d'importation y avaient été découvertes.

L'évolution du nombre de cas de Covid-19 en Chine.

L'évolution du nombre de cas de Covid-19 en Chine.

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A titre préventif, les quelque deux millions d'habitants du quartier ont été dépistés dimanche, a indiqué la municipalité, qui interdit aux personnes à risque de quitter Pékin. "Nous devons tout mettre en oeuvre pour stopper la propagation (du virus) le plus rapidement possible, en prenant des mesures fermes, strictes et décisives", a justifié devant la presse un responsable, Xu Hejian. Depuis le week-end dernier, une quarantaine de cas de Covid ont été recensés à Pékin, la majorité sont de la souche Delta.

La couverture vaccinale est élevée en Chine, seuls les vaccins chinois étant autorisés.

La couverture vaccinale est élevée en Chine, seuls les vaccins chinois étant autorisés.

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A environ un millier de kilomètres de Pékin, la ville de Xi'an (Nord) doit par ailleurs lever mardi son confinement, ont indiqué samedi les autorités locales. La métropole avait été fin décembre l'épicentre de l'épidémie en Chine. Mi-décembre, elle avait imposé à ses 13 millions d'habitants les mesures de quarantaine les plus strictes depuis Wuhan (centre), la première ville au monde mise sous cloche il y a pile deux ans au début de la pandémie.

Un protocole sanitaire drastique

Les Jeux se dérouleront dans une "bulle sanitaire" anti-Covid, séparant tous les participants du reste de la population. Participants, sportifs, volontaires, cuisiniers, chauffeurs et journalistes seront ainsi maintenus dans une "boucle fermée" pour prévenir tout contact avec la population et limiter les risques de contamination. Cette bulle sanitaire nécessite une batterie de mesures pour isoler ces personnes du monde extérieur.

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"On fait tout ce qu'on peut, on ne peut pas faire plus. Etre au départ des Jeux, ce sera déjà un exploit! ", résume du haut de ses 41 ans le skieur français Johan Clarey, à moins de deux semaines du coup d'envoi des JO de Pékin. "On dort en chambre individuelle, on essaie de ne croiser personne, on monte tout seul dans les (télé)cabines, on porte le masque FFP2 le plus souvent possible", énumère le meilleur descendeur français.

Leur première épreuve des JO 2022, c'est donc de pouvoir rallier la Chine qui a mis en place un protocole sanitaire drastique. Il faut en effet présenter deux tests PCR négatifs à moins de 96 heures et 72 heures du départ pour pouvoir embarquer pour la Chine où les sportifs, entraîneurs et autres participants seront encore testés à leur arrivée. Pour ceux qui ont été contaminés moins de trente jours avant leur départ, ils doivent présenter deux tests négatifs supplémentaires espacés d'au moins 24 heures.

Et une fois arrivé dans la "bulle olympique" d'où ils ne pourront pas sortir pendant toute la durée de leur séjour en Chine, ce n'est pas fini : les tests seront quotidiens et en cas de test positif, il faudra deux tests négatifs espacés d'au moins 24 heures et ne plus avoir de symptômes pour sortir de l'isolement. Pour éviter des épreuves sans spectateurs, des invitations pourraient toutefois être données à une poignée de personnes vaccinées.