Un geste d'apaisement envers son opposition. Donald Trump a accepté samedi de reporter une vague d'arrestations de familles de sans-papiers, qui devait débuter ce dimanche dans une dizaine de grandes villes des Etats-Unis.
"À la demande des démocrates, j'ai reporté de deux semaines le processus de renvoi des immigrés illégaux (expulsion) pour voir si les démocrates et les républicains parviennent à trouver ensemble une solution aux problèmes de l'asile et à la frontière sud", a tweeté le président américain. S'ils n'y parviennent pas, "les expulsions débuteront", a-t-il toutefois ajouté.
Donald Trump avait promis lundi que la police migratoire commencerait à expulser la semaine prochaine "les millions" de clandestins installés aux Etats-Unis. Cette annonce avait été largement perçue comme impossible à atteindre, les expulsions se situant autour de 250 000 par an.
Ce dimanche matin, il a ajouté vouloir "donner aux démocrates une dernière chance de négocier des changements aux problèmes de l'asile [et de la frontière]. Ça n'arrivera sûrement pas, mais ça vaut le coup d'essayer. Deux semaines et les expulsions commencent !" prévient-il.
2000 familles dans le collimateur
La police avait toutefois accéléré des préparatifs en cours, et le lancement d'une opération de grande envergure avait fuité dans la presse vendredi. Selon des sources anonymes, l'opération devait porter sur 2000 familles ayant omis de se présenter à des audiences devant des tribunaux ou ayant reçu des avis d'expulsion.
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Leur interpellation devait débuter à l'aube dimanche dans une dizaine de grandes villes américaines, dont Houston, Chicago, New York ou Miami. Les élus de plusieurs villes concernées avaient eux fait savoir qu'ils ne coopéreraient pas avec les forces de l'ordre.
Donald Trump, qui a fait de a lutte contre l'immigration illégale un des marqueurs de sa présidence, avait dénoncé une attitude encourageant "la criminalité". Ces migrants "sont venus illégalement dans notre pays et nous les faisons sortir légalement. Nous les renvoyons chez eux", avait-il lancé lors d'un échange avec la presse samedi matin.
Crainte de situations humainement délicates
Quelques heures plus tard, il annonçait le report de l'opération. Selon les médias américains, il a été mis en garde contre les dangers de l'opération par le ministre par intérim de la Sécurité intérieure, Kevin McAleenan. Celui-ci craignait que les agents ne se retrouvent dans des situations humainement délicates, notamment face aux familles dont les parents sont clandestins mais pas les enfants.
Au printemps 2017, le gouvernement avait décrété une politique de "tolérance zéro" à la frontière avec le Mexique, qui avait conduit à la séparation de centaines de familles et provoqué un tollé jusque dans les rangs républicains. Donald Trump avait ordonné en juin 2017 d'y mettre un terme et depuis, les flux migratoires n'ont cessé d'augmenter, avec une arrivée en nombre toujours plus important de familles et de mineurs originaires principalement du Honduras, du Guatemala et du Salvador.
