L'angoisse monte aux États-Unis. Plusieurs colis suspects contenant des engins explosifs rudimentaires adressés à des figures démocrates et des médias ont été interceptés mardi et mercredi avant d'atteindre leurs destinataires. Les deux premiers ont été envoyés à l'ancien président Barack Obama et l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui résident respectivement à Washington et dans la banlieue de New York.

Le président américain Barack Obama et la candidate démocrate Hillary Clinton quittent un meeting de campagne, à Charlotte, le 5 juillet 2016

Le président américain Barack Obama et la candidate démocrate Hillary Clinton quittent un meeting de campagne, à Charlotte, le 5 juillet 2016

© / afp.com/NICHOLAS KAMM

La journée de mercredi a ensuite été rythmée par la découverte de nouveaux paquets suspects. La chaîne CNN a été forcée d'évacuer ses bureaux new-yorkais après la découverte d'un colis contenant un engin artisanal et une poudre blanche. Il était en fait adressé à John Brennan, ex-directeur de la CIA et commentateur sur CNN très critique du président des Etats-Unis Donald Trump. Un autre paquet adressé à l'ancien ministre de la Justice de Barack Obama, Eric Holder, a été reçu au bureau de l'élue au Congrès Debbie Wasserman Schultz. La représentante californienne Maxine Waters a elle aussi été la destinataire de colis suspects.

Trump appelle au rassemblement

Mercredi, Donald Trump a lancé un appel à l'unité: "Dans des moments comme celui-ci, nous devons nous rassembler", a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. "Les actes et les menaces de violence politique n'ont pas leur place aux États-Unis d'Amérique", a-t-il tonné. Plus tard, lors d'un meeting dans le Wisconsin, il a appelé les médias à "cesser les hostilités sans fin et les (...) attaques négatives constantes et souvent fausses". "Ils doivent arrêter", a-t-il insisté. "Nous sommes à 13 jours d'élections très, très importantes", a-t-il encore dit en référence aux législatives de mi-mandat du 6 novembre.

Dans un communiqué, le PDG de CNN, Jeff Zucker, a regretté que la Maison Blanche ne "comprenne absolument pas à quel point les attaques continuelles contre les médias", dont Donald Trump se rend fréquemment coupables, sont "graves". A 10 jours des élections législatives de mi-mandat, Donald Trump ne pouvait pas mettre totalement de côté les attaques dont il est coutumier, malgré la nécessité de rassembler le pays dans un contexte d'angoisse. Lors de son meeting, explique le New York Times, il s'en est pris aux médias mais aussi aux démocrates qui seraient favorables à "l'ouverture des frontières", un moyen d'électriser sa base alors que les démocrates espèrent une "vague bleue" le 6 novembre.

Le milliardaire George Soros visé

Lundi, un premier engin explosif avait été retrouvé dans la boîte aux lettres de la résidence new-yorkaise du milliardaire George Soros, démocrate notoire devenu une cible des nationalistes américains et européens. Aucune arrestation relative aux événements survenus depuis ce jour n'a été annoncée, mais le FBI a confirmé que les cinq petits paquets jaunes destinés à Soros, Clinton, Obama, Holder et Brennan étaient "d'apparence similaire", portant plusieurs timbres et une même adresse d'expéditeur: celle de Debbie Wasserman Schultz. Il n'y a eu ni victime ni revendication.

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Les polices locales et fédérales ont été placées en état d'alerte, et le maire et le gouverneur de New York ont dénoncé une "volonté de terroriser". Le chef de la police new-yorkaise s'est dit persuadé que le ou les coupables seraient identifiés "dans les prochains jours".