Il s'agissait bien d'un admirateur de Donald Trump. Après une enquête menée en cinquième vitesse, la police américaine a arrêté vendredi en Floride un homme de 56 ans aux nombreux antécédents judiciaires, qu'elle accuse d'avoir envoyé 13 bombes artisanales à des personnalités démocrates, à quelques jours des élections parlementaires de mi-mandat. Il a été inculpé de cinq chefs d'accusation, lui faisant risquer jusqu'à 58 ans de prison.

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Cesar Sayoc donne l'image d'un homme farouchement pro-Trump, épinglant sans relâche les démocrates dans des messages souvent incohérents sur les réseaux sociaux. Les fenêtres d'une camionnette blanche qui lui aurait appartenu sont couvertes de photos de Donald Trump et de son vice-président Mike Pence, aux côtés des visages, couverts d'une cible rouge, de la démocrate Hillary Clinton et de l'ancien président démocrate Barack Obama.

"En colère contre le monde"

Le suspect, qui se fait également appeler Cesar Altieri, est né le 17 mars 1962. Il a un casier judiciaire en Floride, où il habite dans la ville d'Aventura. Les premières images de son arrestation montrent un homme râblé et très musclé, en débardeur noir, les cheveux ras à l'exception d'une fine queue de cheval.

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"Il était très en colère contre le monde, les Noirs, les juifs, les gays", a déclaré Debra Gureghian, manager d'une pizzeria à Fort Lauderdale qui l'avait embauché pour conduire sa camionnette, ajoutant qu'il semblait "fou" et "très, très étrange".

En 2002, Cesar Sayoc avait été inculpé pour une menace à la bombe contre un fournisseur d'électricité. Auparavant, il avait déjà été accusé de vol et de violences domestiques.

Des tweets décousus

Dans des tweets souvent décousus et mal orthographiés, accompagnés de nombreux retweets de photomontages rudimentaires, Cesar Sayoc appelait ces derniers jours à voter Républicain le 6 novembre lors d'élections qui seront déterminantes pour la suite du mandat de Donald Trump.

Dans ses derniers messages, il éreintait le candidat noir au poste de gouverneur en Floride, Andrew Gillum, en l'accusant sans preuve d'être à la solde du financier et donateur démocrate George Soros.

Combat en cage et Chippendale

"Joyeux anniversaire au meilleur commandant en chef perturbateur qui secoue Washington dans tous les sens", avait écrit Cesar Sayoc en juin pour l'anniversaire de Donald Trump.

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Cesar Sayoc semble avoir utilisé au moins deux comptes Twitter, aujourd'hui supprimés : @hardrock2016 et @hardrockintlent, où il écrivait respectivement sous les noms "Cesar Altieri" et "Julus Cesar Milan". Son dernier tweet, sur @hardrock2016, date de mercredi, le jour où la plupart des colis ont été découverts.

Sur l'un de ces comptes, Sayoc se décrivait comme un ancien joueur professionnel de football, pratiquant aussi un sport de combat en cage. Certains médias avancent qu'il avait eu une carrière de danseur de type Chippendales. Il dit avoir fait des études vétérinaires à l'université en Caroline du Nord. Cesar Sayoc a également fait référence à de nombreuses reprises à la tribu amérindienne Séminole, tout en mentionnant des origines philippines.