Pour empêcher la "caravane" de migrants centraméricains fuyant la violence et la misère dans leurs pays de pénétrer en territoire américain, le président Donald Trump entend les parquer dans "des villes de tentes" et les contenir avec plus de 5 000 militaires, dont l'envoi à la frontière mexicaine a été annoncé par l'armée.

EN IMAGES >> Trump menace, la "caravane" de migrants passe

"S'ils demandent l'asile, nous allons les retenir jusqu'à ce que leur cas soit examiné. Nous les retiendrons, nous allons construire des villes de tentes", a déclaré le président américain lundi soir sur Fox News, à propos de la caravane des migrants. "Nous n'allons pas construire des structures et dépenser des centaines de millions de dollars, nous allons mettre des tentes, elles seront très bien, et [les migrants] devront attendre, et s'ils n'obtiennent pas l'asile, ils s'en vont", a-t-il insisté.

Des soldats et des tentes

Cette annonce suivait celle de l'armée lundi dans l'après-midi : "D'ici à la fin de la semaine, nous allons déployer plus de 5200 soldats à la frontière sud-ouest" a affirmé lors d'une conférence de presse le général Terrence O'Shaughnessy. Ils s'ajouteront aux quelque 2100 membres de la Garde nationale déjà mobilisés.

Cette opération, baptisée "Patriote fidèle", doit permettre de renforcer les postes-frontières du Texas à la Californie et apporter un soutien logistique aux agents du service des douanes et de la protection des frontières (CBP) sur d'autres zones moins bien protégées. "La sécurité aux frontières est une affaire de sécurité nationale et l'armée américaine va améliorer les capacités du CBP à renforcer la frontière", a assuré le général O'Shaughnessy.

Des passages en force entre le Guatemala et le Mexique

La marche de la caravane a entraîné une vague de migration de personnes cherchant, elles aussi, à rejoindre l'Amérique du Nord. Au sud du Mexique, sur le pont frontalier avec le Guatemala, les autorités mexicaines ont notamment bloqué l'entrée de milliers de migrants. Des policiers anti-émeute et la Marine les empêchent de traverser le fleuve Suchiate, comme l'avaient fait ceux de la caravane auparavant.

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Afin de contourner le blocage de la police mexicaine, la foule, qui compte des femmes, des enfants et des personnes âgées, s'est lancée dans le fleuve en crue lundi. Certains ont pris place sur des radeaux de fortune fabriqués avec des chambres à air, d'autres se sont lancés à la nage ou en faisant la chaîne pour ne pas être emportés par le courant.

Des migrants honduriens, empêchés de passer par un pont international, traversent la rivière Suchiate entre le Guatemala et le Mexique, dans l'espoir de rejoindre ensuite les États-Unis, le 29 octobre 2018.

Des migrants honduriens, empêchés de passer par un pont international, traversent la rivière Suchiate entre le Guatemala et le Mexique, dans l'espoir de rejoindre ensuite les États-Unis, le 29 octobre 2018.

© / afp.com/Johan ORDONEZ

Selon l'ONG Pueblos Sin Fronteras, qui voyage avec les migrants, la caravane ne comptait plus dimanche que 4000 personnes, certaines ayant décidé de s'arrêter en route ou ayant préféré retourner en Amérique centrale.

D'après l'ONG, la caravane est arrivée dans la nuit de lundi à mardi à Niltepec, au sud-est de l'État mexicain de Oaxaca. Les autorités mexicaines ont indiqué avoir reçu 1743 demandes d'asile dans le pays depuis l'entrée du convoi, composé de 7000 personnes à son plus fort.