La caravane de migrants centraméricains en route vers les États-Unis a fait une pause dimanche dans la localité de Tapanatepec, dans l'État de Oaxaca. Des heurts ont eu lieu sur le pont frontalier reliant le Guatemala au Mexique où les policiers mexicains ont stoppé l'entrée de plus d'un millier de Honduriens.

"Nous avions décidé en assemblée de partir tôt ce matin vers Niltepec mais nous avons finalement préféré nous reposer et renforcer l'unité du mouvement" a expliqué Gina Garibo, de l'ONG Pueblos Sin Fronteras (Peuples sans frontières), qui coordonne la caravane de migrants progressant dans le sud du Mexique.

La caravane actuellement à San Pedro Tapanatepec (point A) doit ensuite se diriger vers Santiago Niltepec (point B). Carte du 29 octobre 2018.

La caravane actuellement à San Pedro Tapanatepec (point A) doit ensuite se diriger vers Santiago Niltepec (point B).

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Ces migrants ont quitté le Honduras le 13 octobre, fuyant la violence et la misère dans leur pays. La caravane doit repartir lundi matin en direction de Niltepec, puis vers Mexico, avant d'essayer de rejoindre la frontière sud des États-Unis. Lundi soir, le Pentagone a annoncé que plus de 5 000 soldats américains étaient déployés à la frontière mexicaine.

Le plan d'aide du Mexique rejeté

Samedi, lors d'un vote à main levée, les migrants ont rejeté le plan d'aide proposé par le président mexicain Enrique Peña Nieto et ont préféré poursuivre leur route vers Mexico, où ils veulent déposer des demandes de permis migratoire pour poursuivre jusqu'aux États-Unis.

Le président mexicain a lancé vendredi un plan baptisé "Tu es dans ta maison", offrant aux migrants une couverture médicale, de l'éducation pour leurs enfants et du travail temporaire à condition qu'ils déposent des demandes d'asile dans les États du Chiapas et de Oaxaca, dans le sud du Mexique. Le gouvernement mexicain a envoyé une délégation et des policiers qui ont bloqué la caravane durant deux heures sur la route pour s'assurer que les migrants étaient informés du plan proposé.

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Selon l'ONG Pueblos Sin Fronteras, qui voyage avec les migrants, la "caravane" ne compte désormais plus que 4000 personnes, certains ayant décidé de s'arrêter en route ou ayant préféré retourner en Amérique centrale.

Le président Donald Trump a promis de les empêcher d'entrer en territoire américain. Les autorités mexicaines ont indiqué avoir reçu 1743 demandes d'asile depuis l'entrée de cette "caravane" de 7 000 personnes, pour la plupart honduriennes, sur le sol mexicain. "Malheureusement, on dirait que la police mexicaine et l'armée n'est pas capable de stopper la caravane" a-t-il tweeté.

Heurts à la frontière Mexique-Guatémala

A la frontière du Guatemala et du Mexique, plus d'un millier de migrants sont parvenus à forcer dimanche un barrage de la police guatémaltèque pour tenter de rejoindre la caravane qui traverse actuellement le sud du Mexique.

Les migrants, pour la plupart honduriens, ont ensuite buté sur l'ultime barrière métallique située sur le pont international, avant l'entrée au Mexique où des policiers mexicains anti-émeute étaient déployés. Dans la soirée de lundi, des centaines de migrants se sont jetés dans le fleuve frontalier Suchiate en crue pour passer contourner le blocage de la police et entrer au Mexique.

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Selon un fonctionnaire mexicain, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, la frontière à Ciudad Hidalgo (extrême sud-ouest du pays) a été renforcée ces derniers jour, avec l'arrivée de renforts de la Marine et de la gendarmerie. "La rive du fleuve Suchiate est également surveillée" a-t-il précisé.

Les autorités repoussent désormais les embarcations de fortune sur lesquelles les migrants tentent de traverser le fleuve. C'est de cette manière que la majorité des migrants de la précédente caravane avait pu entrer au Mexique. L'Ombudsman (médiateur) du Guatemala, Jordan Rodas, a appelé de son côté les autorités guatémaltèque à "respecter" les droits des migrants.