Voici quelques propos recueillis dans la foule venue en masse mardi pour assister à la cérémonie d'investiture du 44e président des Etats-Unis, Barack Obama, à Washington:
Renata King, 46 ans, de Houston (Texas, sud): "ma mère n'aurait jamais imaginé vivre cela. Je suis ici pour tous les sols qu'elle a lavés et cirés, je suis ici pour elle, pour chaque fois qu'on l'a traitée de négresse".
Marion Jones, une noire de 60 ans qui n'en croit pas ses yeux en regardant la cérémonie d'investiture retransmise sur écran géant à Chicago (Illinois, nord), où elle vit: "Je me sens bénie d'être là, d'être en vie pour voir cela". "J'ai participé à des marches de protestation, je suis allée en prison, j'ai été arrosée par des lances à incendie et mordue par des chiens uniquement pour avoir le droit de voter".
Fred Phillips, un psychologue de 62 ans, de Washington: "C'est une occasion historique, une pierre blanche dans l'histoire des relations raciales de ce pays". "Les espoirs de mes ancêtres, leurs efforts et leurs prières ont été récompensés".
Don, 50 ans, un républicain venu de Phoenix (Arizona, sud-ouest): "On ressent un sentiment d'unité. C'est euphorisant".
Denzel Washington, acteur hollywoodien: "je suis heureux, j'ai froid, je fais la fête".
Jason Chang, de New York (est): "Où est le réchauffement climatique quand on a besoin de lui?", alors que les températures étaient de -6 degrés dans la capitale à l'aube (-13 degrés en tenant compte du vent) et devraient rester négatives tout au long de la journée.
Francis Coates, 67 ans, de Washington, interrogé sur la première chose que doit faire Obama: "Fermer Guantanamo. C'est une honte pour le pays, cela va à l'encontre de tout ce que nous défendons".
Joe Marques, 25 ans, Américain d'origine cubaine venu de Floride (sud-est)): "Nous voulons le changement et la démocratie à Cuba, et Obama peut vraiment faire la différence, pas comme Bush".
Michael Woodruff, 43 ans, avant de défiler avec la Garde nationale de Washington: "C'est comme si le monde entier avait les yeux tournés vers nous. Nous allons tous devenir des stars pendant cinq minutes".
Ed Sox, chef d'entreprise afro-américain de Baltimore (Maryland, est): "Ma fille de 15 ans m'a dit de venir parce que ce n'est pas quelque chose qu'on regarde à la télé. Mon neveu Mandela, vous savez pourquoi il est là... à cause de son prénom".
Victor Adeniran de Houston estime que "les gens attendent trop" de Barack Obama. "Ce n'est qu'un homme", le défend-il. "Il a quatre ans" pour remettre le pays sur les rails.
Dana Perino, qui était jusqu'à mardi matin porte-parole de la Maison Blanche: l'ex-président George W. Bush "m'a fait une grosse bise sur le front que je n'oublierai jamais".