La vie, à Cuba, est comme suspendue. Des centaines de milliers de Cubains sont attendus ce lundi place de la Révolution à La Havane pour rendre hommage à Fidel Castro, géant du XXe siècle, mort vendredi à l'âge de 90 ans.

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Après deux jours sous le choc, les Cubains vont pouvoir libérer leur émotion pour ce premier temps fort d'une semaine d'hommages au père de la Révolution cubaine, qui culminera avec ses funérailles dimanche à Santiago de Cuba (est). "Tu vas voir comment est le peuple de Cuba [...] Tu vas voir comment le Cubain souffre, ce qu'il ressent pour un être qu'il aime", prévient Jorge Guilarte, un chauffeur de vélo-taxi et grand admirateur de Fidel Castro, figure tutélaire dont les coups d'éclat ont marqué la Guerre froide et forgé le destin de son pays.

Ses cendres transférées de La Havane à Santiago

Des centaines de milliers de personnes, voire des millions, pourraient se presser sur la vaste esplanade de 72 000 m2 où a souvent résonné la voix de Fidel Castro lors de ses tonitruants et interminables discours, immanquablement dirigés contre l'ennemi "impérialiste" américain.

La foule suivra un long parcours débouchant devant une estrade. On ignore encore si celle-ci exposera la boîte contenant les cendres du "Comandante" ou plus simplement un portrait. Pour beaucoup de Cubains, dont une bonne partie n'a connu que les Castro comme dirigeants, la sobre mise en scène n'empêchera pas la tristesse, tant Fidel a personnifié la grande île caribéenne avant de passer la main à son frère Raul pour raisons de santé en 2006.

Depuis vendredi et jusqu'au 4 décembre, les rassemblements et spectacles ont été annulés. Les incontournables matches de baseball ont été suspendus, les discothèques fermées, la vente d'alcool interdite et la plupart des restaurants ont réduit leurs heures d'ouverture. Une discrète présence policière était visible à La Havane.

Après deux jours d'hommages dans la capitale, les cendres de Fidel Castro seront transférées de La Havane à Santiago, lors d'une procession qui parcourra sur un millier de kilomètres 13 des 15 provinces cubaines de mercredi à samedi, avec la probable mobilisation de millions de personnes.

Premiers vols commerciaux entre les Etats-Unis et La Havane

Dans la foulée, les premiers vols commerciaux réguliers entre des aéroports américains et La Havane en plus de 50 ans doivent décoller ce lundi matin, soit, hasard du calendrier, trois jours après la mort de Fidel Castro, pourfendeur de l'"impérialisme américain".

Le 31 août, la compagnie JetBlue avait inauguré en grande pompe le premier vol commercial régulier depuis 1961 entre un aéroport américain, celui de Fort Lauderdale, en Floride, et une ville cubaine, Santa Clara, au centre de l'île.

Depuis, plusieurs compagnies l'ont imitée et relient de manière régulière les Etats-Unis et différentes villes cubaines, mais La Havane n'était pas encore desservie. Le vol d'American Airlines doit partir ce lundi à 7h30 locale (12h30 heure française) de Miami pour l'aéroport international José Marti de La Havane.

A partir de mercredi, American desservira La Havane à partir de Miami, "capitale" de l'exil cubain aux Etats-Unis, quatre fois par jour. Un autre vol quotidien partira de Charlotte, en Caroline du Nord, dans le sud-est des Etats-Unis. JetBlue inaugurera, elle, sa liaison directe entre New York (nord-est des Etats-Unis) et La Havane à 8H58 locale (13H58 GMT) lundi.