Un sommet de la "dernière chance" pour le climat ? Les dirigeants du monde se sont donné rendez-vous à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre pour la Conférence des Nations Unies sur le climat la plus importante depuis les accords de Paris en 2015. Comme le résume sobrement le site de la COP26, les discussions qui ont démarré depuis maintenant plusieurs jours "sont la dernière grande opportunité de reprendre le contrôle" du climat.
Elles interviennent dans le contexte très alarmant rappelé par un rapport récent du GIEC : malgré l'objectif fixé lors de la COP21 de contenir le réchauffement à 1,5°C d'ici à la fin du siècle, le monde se dirige actuellement vers une hausse globale des températures de +2,7°C, selon un récent rapport de l'ONU. Nos articles pour comprendre tout ce qui se passe actuellement, du côté de Glasgow.
- Les scénarios du dernier rapport du GIEC qui montrent que la crise est là
Le changement climatique n'est plus une affaire lointaine, c'est une réalité qui s'observe désormais partout. Certains changements engagés sont irrémédiables, et il s'agit aujourd'hui d'en atténuer les effets. Tous les scénarios envisagés par exemple sur l'évolution de la température moyenne du globe montrent que celle-ci devrait atteindre autour de 2030 au minimum +1,5°C ou +1,6°C par rapport à l'ère préindustrielle. Et ces dernières années les projections sont devenues pessimistes, car ce seuil pourrait être atteint dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec il y a trois ans. D'ici la fin du siècle, le seuil de +1,5°C, une des limites clé de l'accord de Paris, serait dépassé, d'un dixième de degré jusqu'à près de 1°C, selon les scénarios. Nos infographies pour comprendre l'urgence du problème.
- Du sang, des ruses et le Pape : plongée dans les coulisses des négociations climatiques
Il y a six ans, après des jours interminables de négociations, Laurent Fabius rentre dans la grande salle du Bourget. Face aux délégations de 195 pays et aux caméras du monde entier, il s'apprête à prononcer ces mots que chacun attend. Après un petit préambule, il déclare, la voix grave : "Je ne vois pas d'objection dans la salle (...) je déclare l'accord de Paris pour le climat adopté". La fin d'un marathon diplomatique. Le succès de la COP21 organisée à Paris, six ans après le fiasco de Copenhague, est historique. Depuis 1995, les COP sont un lieu essentiel pour la limitation du réchauffement de la planète. Si on ne retient souvent que la déclaration finale, des luttes d'influence ont lieu derrière le rideau. Retrouvez notre enquête.
La 26e grand-messe de la Conférence des parties est importante puisque dans le cadre des accords de Paris de 2015 elle devra, en théorie, accoucher impérativement d'une première révision des engagements des 195 Etats à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La COP21 de Paris avait accouché d'un accord "historique" sur l'objectif de limiter la hausse des températures à 1,5 °C, ainsi que d'engagements "nationalement déterminés" de réduction des émissions. L'euphorie de l'époque n'a pas duré. Pourquoi ? Dans un monde éclaté où partout dominent les priorités nationales et les égoïsmes locaux, que peut-on espérer de négociations internationales fondées sur le seul volontarisme ? Le regard lucide de notre chroniqueur Christian Gollier sur le sujet.
- Les annonces des gros pollueurs scrutées de près
A eux trois, ils concentraient en 2020 plus de 51% des émissions de CO2 à travers le monde. Comme à chaque Conférence des Nations Unies sur le climat, les engagements pris par la Chine, les Etats-Unis et l'Inde sont particulièrement scrutés par les observateurs. A Glasgow peut-être d'ailleurs davantage que les autres années. Et pour cause ! Après quatre années de trumpisme, les Etats-Unis viennent de faire leur retour dans les accords de Paris sous l'impulsion de Joe Biden. Affaibli localement par un Congrès qui a en partie détricoté son vaste plan d'infrastructures dédié à une économie plus verte, le démocrate ne s'affiche pourtant pas en position de force. Notre analyse est à retrouver ici. L'Empire du milieu, premier émetteur mondial avec 30% du total, est lui aussi attendu au tournant après la promesse d'atteindre la neutralité carbone à horizon 2060 faite par Xi Jinping. Le président chinois ne s'est pas déplacé à Glasgow, mais ces négociateurs sont de la partie. Que va faire la Chine pour lutter contre le réchauffement climatique ? La réponse est ici avec notre décryptage. Troisième plus gros pollueur mondial, l'Inde a également surpris une bonne partie des observateurs en annonçant sa volonté d'atteindre la neutralité carbone en 2070. Si l'objectif paraît lointain vis-à-vis des autres engagements plutôt autour de 2050, cette promesse faite par ce pays accro au charbon est une vraie bonne nouvelle. Le chemin ne sera pas aisé pour autant. Découvrez ici pourquoi.
- Pourquoi l'accord sur le méthane signé par plus de 100 pays peut changer la donne
Peu à peu, le méthane est devenu une variable indispensable pour maintenir le réchauffement global sous la barre des 1,5°C. Au troisième jour de la conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), les Etats réunis à Glasgow ont semblé en prendre conscience. Mardi, les Etats-Unis et l'Union Européenne ont annoncé qu'un accord avait été signé par plus de 100 pays, une première. D'après un rapport de l'ONU publié en mai, une nette réduction des émissions de méthane pourrait permettre d'éviter 0,3°C de réchauffement climatique d'ici les années 2040. Notre décryptage sur la première annonce forte de la COP26.
