Il avait créé la polémique sur les réseaux sociaux. Un ancien combattant de l'armée américaine, présenté par la chaîne Fox News comme un "journaliste spécialisé dans les zones de conflits" a fait l'objet de vives railleries sur Internet après qu'il a évoqué lundi l'existence de quartiers "interdits aux non-musulmans" à Paris.

Pire, Nolan Peterson évoquait lors de son duplex un "recrutement d'Al-Qaïda et des Frères musulmans à la vue de tous" dans ces banlieues. Avant de recenser 741 "no-go-zones"françaises, en lieu et place des Zones dites "urbaines sensibles" (ZUS), parmi lesquelles notamment certains quartiers du XVIIIe arrondissement, de Ménilmontant, de la Porte de Saint-Denis ou de la Goutte-d'Or.

"Je m'excuse pour l'inexactitude de la carte"

Mais "l'expert" est depuis quelque peu revenu sur ses propos, dans un texte publié en ligne, antidaté au 23 janvier, et intitulé "Au peuple de France". "J'ai été éviscéré dans vos médias et en ligne pour mon interview à Fox News. J'ai été affublé de noms terribles et reçu des menaces de mort", écrit-il en premier lieu. Et de poursuivre: "J'ai vécu à Paris durant deux ans, de 2004 à 2006, et je pense que c'est la meilleure ville du monde. En 2005, j'y ai vu de graves émeutes et c'est à ces temps tumultueux que je faisais référence dans mon interview".

>> Lire: Fox News raillée sur Twitter pour ses clichés sur les musulmans

"Malheureusement, une carte accompagnait mon interview, laissant entendre que les zones interdites se trouvaient dans des quartiers comme celui de Montmartre", poursuit le journaliste. "C'est bien évidemment ridicule, je n'ai pas réalisé cette carte, je n'ai rien à voir avec, et ne savais pas qu'elle était diffusée avec mon interview. Néanmoins, elle a été associée à mon nom, j'en assume donc la responsabilité et m'excuse pour son inexactitude", regrette Nolan Peterson.

"J'aimerais visiter Paris à nouveau"

Mais l'ancien combattant ne s'est pas contenté de présenter des excuses. Ce dernier s'est effectivement senti le besoin de justifier sa présentation de lundi. "Des centaines d'écoles et environ 9000 voitures ont été incendiées dans le pays, des milliers d'émeutiers ont été blessés et arrêtés, et le président Jacques Chirac a mis le pays sous état d'urgence pendant des mois. En fin de compte, les émeutes ont provoqué environ 200 millions d'euros de dégâts", rappelle-t-il effectivement.

Avant d'espérer toutefois avoir l'occasion de venir constater de lui-même une situation qu'il analyse, sur un sol qu'il n'a pas foulé depuis près de dix ans. "Si j'en ai l'occasion, j'aimerais visiter Paris à nouveau pour voir comment ces zones ont changé depuis 2005. Mes années à Paris ont été parmi les meilleures de ma vie et j'ai servi au côté de l'armée française en Afghanistan avec fierté".