"Aujourd'hui, on a de plus en plus de personnes qui ont des comportements addictifs vis-à-vis des écrans", a expliqué ce jeudi Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État chargé du numérique. Cette addiction sera l'un des sujets sur lesquels vont plancher les États généraux des nouvelles régulations numériques, qu'il a ouverts à Paris, et qui rassemblent notamment représentants de l'État, parlementaires, régulateurs, et Conseil national du numérique, a-t-il expliqué devant la presse.
Réguler ou ne pas réguler
"Il est important (...) qu'on puisse savoir s'il faut réguler, faire des recommandations", a-t-il souligné. Ces addictions croissantes sont un constat "que tous les parents de France et d'Europe font, que toutes les entreprises font vis-à-vis de leurs salariés, que toutes les administrations font vis-à-vis de leurs agents publics". "Aux États-Unis, il y a même une science de l'attention, avec des gourous qui appellent à une décontamination du cerveau de tous les 'nudges' (incitations psychologiques) de stimulation de l'attention des différentes applications", a-t-il lancé.
LIRE AUSSI >> "L'addiction aux écrans est une réalité... mais je l'ai vaincue"
Lancés jeudi à Paris, les États généraux doivent permettre de poser un cadre général de régulation des géants du numérique, "qui (...) soulèvent aujourd'hui des problématiques de contrôle démocratique et de risque en cas de dysfonctionnement", selon le secrétariat d'État. Ils doivent définir une vision française, sur laquelle le gouvernement voudrait ensuite s'appuyer pour fédérer d'autres États européens et parvenir à tracer une "feuille de route" pour la prochaine mandature européenne issue des élections de 2019.
Le retrait des contenus haineux en discussion
Parmi les autres questions "urgentes" à aborder au niveau européen, le secrétaire d'État au numérique a cité en priorité le retrait des contenus haineux sur les grandes plateformes internet. "Si la prochaine Commission européenne ne fait pas quelque chose (...) chaque pays va sortir sa législation nationale, c'est ridicule", a déploré le secrétaire d'État.
LIRE AUSSI >> Cyberharcelés: de l'écran au tribunal
Sans vouloir préjuger des travaux des États généraux sur ces contenus haineux, Mounir Mahjoubi s'est dit favorable à une révision de la directive e-commerce, adoptée en 2000 par l'UE. Cette directive fixait notamment le principe de la non-responsabilité des hébergeurs sur les contenus qu'ils diffusent. "Rien que sur ce sujet des contenus haineux, il faudra discuter d'e-commerce dès la prochaine mandature" européenne, a-t-il estimé.
Mounir Mahjoubi souhaite également aborder le sujet de la protection sociale des "contributeurs des plateformes internet", pour tenir compte du foisonnement de travailleurs non salariés amenés par l'économie numérique. "C'est le grand sujet des cinq années à venir", a-t-il estimé.
