Les accidents du travail sont au plus bas depuis 70 ans, avec un indice de 33,9 pour 1.000 salariés en 2015, mais les lombalgies en représentent 19,1%, une part en hausse de 13% en dix ans, a souligné Marine Jeantet, directrice des risques professionnels, lors d'une conférence de presse ce 15 novembre.
Le coût des lombalgies pour la branche de l'assurance maladie liée aux accidents du travail et maladies professionnelles - près d'un milliard d'euros - est équivalent à celui de l'ensemble des autres troubles musculo-squelettiques, a-t-elle précisé. "C'est énorme" et c'est un problème de "santé publique qu'on n'arrive pas à toucher ni à réduire".
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Arrêts répétitifs
Cette pathologie, qui entraîne plutôt "des arrêts courts de moins de deux semaines et répétitifs", selon Marine Jeantet, touche principalement les salariés du secteur des soins à la personne et de la logistique. Les 167.000 accidents du travail s'étant soldés par une lombalgie en 2015 ont pour origine à 50% la "manutention manuelle" et à 10% des chutes.
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Hors accidents du travail, les lombalgies représentent également près de 15% des accidents de trajet et 7% du total des maladies professionnelles reconnues, mais dans ce dernier cas, les pathologies sont plus lourdes, a souligné Mme Jeantet.
Pour prévenir ce mal qui va bien au-delà du monde professionnel, avec un Français touché sur deux, la branche risques professionnels veut "sensibiliser le secteur des services à la personne", en commençant par les maisons de retraite. Un sujet "préoccupant" dans un contexte de vieillissement de la population qui entraîne "plus de besoins et donc plus d'exposition", a observé Marine Jeantet.
Les services à la personne particulièrement touchés
Contrairement à la tendance globale, le secteur des services à la personne enregistre une hausse de 3,4% sur un an des accidents de travail en général, qui y sont trois fois plus nombreux qu'ailleurs (92,7 pour 1.000 salariés).
L'intérim, le BTP et l'industrie enregistrent pour leur part une baisse. Malgré une forte augmentation de ses salariés (+7,5%), le secteur de l'intérim voit ainsi la fréquence des accidents du travail diminuer de 3,7% sur un an (44,8 pour 1.000 salariés).
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