Vous expliquez que les nouvelles technologies, censées améliorer notre qualité de travail, sont facteur de stress supplémentaire . Pourquoi?

Ces technologies d'information et de la communication, également appelées "TIC", sont généralement vues par les entreprises comme un moyen de faciliter la vie des salariés. Ecrire un mail va beaucoup plus vite que rédiger une lettre manuscrite. Les ordinateurs ont automatisé et simplifié bon nombre de tâches. Les smartphones peuvent vous faire gagner du temps dans les transports... Mais il faut faire attention à ne pas se laisser déborder! Les cadres reçoivent, en moyenne, 85 mails par jour. Et la majorité d'entre eux traitent leurs e-mails au fur et à mesure. Avec le développement de ces technologies, nous sommes entrés dans le monde de l'immédiateté. Si, au bout d'une demi-heure, on n'a pas répondu à un mail, on reçoit un coup de fil nous faisant comprendre que ce n'est pas normal! Tout est estampillé urgent même lorsque ça ne l'est franchement pas. Ce monde de l'immédiateté où il faut toujours être sur la brèche et réactif peut être vécu comme une source d'angoisse très importante.

Quelles sont les conséquences de ces nouvelles technologies sur le travail?

En plus d'être stressantes, si elles sont mal utilisées, elles sont contreproductives. Selon une enquête (1) réalisée par Confédération Générale des Cadres, ces derniers sont en moyenne sollicités toutes les trois à quatre minutes: soit pas un coup de téléphone, un e-mail, un collègue ou une réunion... Ils s'interrompent donc sans cesse et peinent à se concentrer et à avancer dans leur travail. Les nouvelles technologies -ajoutées aux tâches classiques- morcellent notre temps. Du coup, pour ne pas prendre trop de retard, les cadres ramènent du travail chez eux. Selon la même étude, 77% de ces cadres assurent travailler de plus en plus en dehors de leur entreprise. Cette tendance s'est renforcée avec l'apparition des smartphones. Les salariés sont bombardés à longueur de journée de mails ou de coups de fil professionnels, même lorsqu'ils ont fini leur journée ou qu'ils sont en vacances. Les nouvelles technologies ont totalement brouillé les sphères privés et publiques.

Pourtant, de

Les nouvelles technologies sont très addictives. Nombreux sont ceux qui regardent compulsivement leur boite mail des dizaines de fois dans la journée. Et même lorsque celle-ci est vide, ils cliquent sur "Envoyer/recevoir" pour bien vérifier qu'aucun mail n'est en attente. On est tellement habitué à être sollicité que, lorsqu'on a un moment de libre, on va soi-même à la rencontre de la prochaine exhortation. Il faut apprendre à se déconnecter!

Comment limiter les effets négatifs de cette "dictature de l'email"?

Il faut sortir du "tout-urgent". Dans une boite mail, les informations sont classées selon leur heure d'arrivée et non leur importance. Il faut établir des priorités et plutôt que de traiter les mails au fur et à mesure. On peut également se fixer de ne regarder sa boite de réception que deux ou trois fois dans la journée. Les mails sont par définition asynchrones. La majorité d'entre eux ne demandent pas de réponse dans le quart d'heure qui suit leur envoi. Ne pas être interrompu toutes les cinq minutes par sa boîte de réception nous permet de dégager de longues plages de temps. Et donc d'avancer plus rapidement sur nos projets. De même, le week-end si vous ne voulez pas avoir 200 mails à traiter le lundi matin, fixez vous prenez une demi-heure, une heure pour répondre. Cela vous évitera d'y passer tout votre samedi et dimanche.

Et vous, avez-vous eu le sentiment d'être submergé par les e-mails et d'avoir du mal à déconnecter? Les mails et les Smartphones ont-ils changé votre manière de travailler? Quelles sont vos astuces pour déconnecter?