Lectures plaisir, lectures jeunesse, lectures refuge... telles sont les grandes conclusions du palmarès des ventes de livres numérique pendant la période de confinement (du 16 mars au 10 mai) dressé par Edistat pour L'Express (1). Seuls cinq documents émergent en effet du Top 30 des meilleures ventes : le fameux et prémonitoire Nouveau rapport de la CIA (6e rang), réactivé après onze ans de sommeil par Robert Laffont avec une préface par Alexandre Adler ; Neuro-stratégies. Comment prendre soin de son cerveau pendant le confinement. Et après !, un document signé "dans l'urgence" par Jean-Dominique Michel et Mark Robert Waldman, publié par HumenSciences ; tout comme Un virus à deux têtes, de Sophie Marinopoulos, publié par les éditions Les Liens qui libèrent ; Sorcières. La puissance invaincue des femmes, l'invincible essai de Mona Chollet qui s'achemine tranquillement vers sa deuxième année de succès ; et Le Consentement, de Vanessa Springora, le livre témoignage de l'éditrice victime des agissements de Gabriel Matzneff, un texte littéraire qui aurait aussi bien pu être classé en roman. Et c'est tout ! Aucun Raoult, Saldmann, Onfray, Barrrau, Lehmann à l'horizon. Non, que du roman et du récit !
J.K. Rowling rafle la mise
A la première place, Petit pays (Grasset), le formidable premier roman de Gaël Faye sur son enfance au Burundi, Goncourt des lycéens 2016, dont l'adaptation cinématographique (certes repoussée à fin août) a relancé les ventes ; et à la deuxième, le nouveau roman de Leïla Slimani, Le Pays des autres, sorti en mars, première de cordée d'une déferlante Gallimard avec Anna Hope, Le Clézio, Jonathan Coe. La célèbre maison d'édition se taille en effet la part du lion avec 14 des 30 premières places du palmarès. Une suprématie due principalement à son auteure phare, J.K. Rowling. Pour occuper leurs enfants, les Français ont acquis en masse les aventures d'Harry Potter. Les sept premiers tomes du "petit sorcier" Harry Potter (vendu chacun 8,99 euros) s'infiltrent ainsi dans le Top 30 des ventes en format numérique. Autre ouvrage du même tonneau, entre adolescence et fantastique, à s'afficher dans ce palmarès, La fille qui tressait les nuages, de Céline Chevet, aux éditions du Chat noir.
De Camus à Michel Bussi
Et puis, bien sûr, il fallait s'y attendre les quelques classiques dont on a beaucoup parlé ces jours-ci se faufilent entre les nouveautés 2020 ; à commencer par La Peste, de Camus, suivi du Hussard sur le toit, de Jean Giono, et de 1984, de George Orwell. A ces valeurs refuge, on ajoutera la réapparition, vingt-huit ans après sa publication, du Vieux qui lisait les romans d'amour, succès mondial, dont l'auteur, le Chilien Luis Sepulveda, vient de succomber au coronavirus.
Le coronavirus, on en parle aussi avec la parution, le 16 avril, des Mots par la fenêtre, recueil de 64 textes (lettres, poèmes, nouvelles, exercices libres...) inspirés par la liberté, l'évasion, l'espoir et la solidarité, publié par 12-21 (maison d'Editis dédiée au livre numérique) au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. Mis en vente au prix de 4,99 ¤. Des mots par la fenêtre se hisse au 10e rang du palmarès.
Last but not least, on signale aussi, dans les meilleures ventes de la période du confinement, la présence des nouveautés de Michel Bussi (8e), Pierre Lemaitre (9e), Anne-Marie Garat (19e), Alain Damasio (23e), Agnès Ledig (25e), Stephen King (29e)... De quoi s'égayer, pour sûr.
(1) Etabli à partir des ventes brutes dans 700 librairies du réseau ePagine - Place des Libraires.
