Dans son dernier roman, l'auteur culte nous plonge dans une France dirigée par un parti musulman, à travers l'itinéraire philosophico-métaphysique d'un prof de lettres dépressif aux prises avec les vicissitudes de l'existence. Pour lui, celles-ci se résumant plutôt en considérations d'ordre sexuel.

Houellebecq a failli écrire un bon livre. Il nous propose une première partie (les 200 premières pages dirons-nous) plutôt réjouissante d'un point de vue narratif. S'y autorisant quelques bonnes tournures, quelques fines (mais trop courtes) analyses de la société française, accompagnées de quelques éléments pas dénués d'intérêt quand on lit une fiction d'anticipation. Houellebecq fait des promesses qu'il ne tient pas. N'est pas Orwell qui veut.

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"La lecture du roman est un épuisant chemin de croix"

Le problème majeur de cette fable c'est qu'elle suscite irrémédiablement chez son lecteur des vagues lancinantes d'ennui mortel. Le héros de ce roman (vague double de l'auteur) est littéralement à claquer, ses rapports à la vie (et aux femmes) d'une rare indigence. Et l'intervention des scènes de sexe aussi futiles qu'inutiles n'apportent rien dans la trame de ce récit décousu et incroyablement vain. Le soi-disant pamphlet islamophobe (que ce livre n'est pas) se réduit au soliloque d'un auteur vieillissant qui oscille (vacille plutôt) entre Bonjour Tristesse et A Bout de Souffle.

Quant aux 100 dernières pages (sorte d'infâme bouillon décrivant la conversion du héros à l'islam), elles sont un empilement de réflexions pseudo-religieuses, vaguement intellectuelles, qui transforme la fin de lecture en épuisant chemin de croix.

Avec ce Houellebecq-ci, n'ayez crainte, vous ferez la fête jusqu'au bout de l'ennui.