En 2022, la Fraternité Musulmane remporte les élections présidentielles, provoquant en France un bouleversement sociétal majeur. Retour des femmes à la maison, fin de la laïcité, conversion obligatoire à l'islam pour les enseignants...

Dans ce contexte qu'on imagine chaotique mais qui ne l'est finalement pas, et c'est là le problème, voici François, universitaire, spécialiste de Joris-Karl Huysmans. Sa vie est terne, il est seul et frustré. Il "baise" avec Myriam, mais elle émigre en Israël. Pourtant aussi "politisé qu'une serviette de toilette", François, opportuniste et paresseux, glissera l'air de rien vers la "soumission"...

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Pour vivre heureuses, vivons soumises?

J'ai voulu aborder ce roman sous un angle exclusivement littéraire. Pas facile. L'écriture est belle, le parallèle constant entre la vie de François et celle de Huysmans, converti sur le tard, est intéressant, quelques belles lignes sont consacrées à la littérature. Pas de quoi fouetter un chat. Le fond est plus problématique, même si Houellebecq n'est pas Madame Soleil. La proximité temporelle est troublante, les personnages en présence (aïe, Bayrou) méchamment égratignés, font rire jaune...

Je ne crois pas que Soumission soit islamophobe. Houellebecq imagine un scénario catastrophe et s'en amuse. Le lecteur aussi, un peu. Ce qui exaspère, c'est plutôt la misogynie affichée du personnage (et de l'auteur?), ses fantasmes sexuels de soumission, son rêve d'une femme "pot au feu" le jour et "fille" la nuit, et là, on a du mal à se dire "c'est pour rire". Pour vivre heureux, vivons soumis (surtout les femmes). C'est le message- très discutable- de ce roman.

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