Lors d'un voyage en Grèce, Matsumasa Kido rencontre Aiolos, mal en point. Sans savoir de qui il s'agit, M.Kido se voit confier par le mourant une armure en or (l'armure d'or du Sagittaire) et surtout un bébé prénommé Saori. Il ne le sait pas encore mais cette dernière n'est autre que la réincarnation de la déesse Athéna, qui redescend sur Terre afin de la protéger des Forces du Mal. Aiolos l'enjoint à protéger l'enfant et à réunir au plus vite des jeunes hommes valeureux et nobles, les futurs chevaliers d'Athéna. Une nouvelle Guerre Sainte est proche... C'est sur cette idée de base que débute la fabuleuse épopée de Saint Seiya. Dans un univers à la richesse infinie et inspiré de la mythologie grecque et de ses luttes de pouvoir homériques, Kurumada centre son récit sur 5 chevaliers de Bronze: Seiya, Shun, Shiryû, Hyoga et Ikki. Fidèles chevaliers d'Athéna, ils vont affronter les pires difficultés pour protéger la paix sur Terre et terrasser les ennemis de la Déesse.
Naissance d'une saga
Si l'idée de départ apparaissait réjouissante, elle n'en était pas moins audacieuse à l'heure où la série animée japonaise ne fait que balbutier. Cependant, le succès va se montrer au rendez-vous. Véritable phénomène de société, Les Chevaliers du zodiaque vont dépoussiérer la mythologie. Pour ce faire, l'auteur mise sur l'action et une narration aussi intelligente que pertinente. Porté par le valeureux Seiya, il fait un éloge des valeurs et de la noblesse sous toutes ses formes. Plébiscitée dans les librairies nippones, la saga ne tarde pas à être adaptée à la télévision. Les plus prompts se trouvent être le Studio Toei qui sentant la bonne affaire s'empresse d'acquérir les droits du manga.
Durant trois ans, Toei va exploiter les écrits de Kurumada sur les antennes de la chaîne TV Asahi. Cependant, la Toei rencontre un souci majeur, peu après le début des diffusions: très (trop?) efficace dans leur adaptation des ouvrages, les studios ne tardent pas à rattraper la publication papier. Afin de laisser du temps à l'auteur pour avancer son manga, les scénaristes furent contraints d'inventer une série d'épisodes plus ou moins fantaisistes introduisant les Chevaliers d'Acier avant le début de la Bataille du Sanctuaire, premier "Grand chapitre" de la saga. Dans le même esprit, le chapitre se déroulant dans le Royaume d'Asgard a été inventé de toute pièce par les studios Toei. Bien que s'accordant une telle liberté, ces derniers restent fidèles à l'esprit initial insufflé par Kurumada. En effet, le chapitre Asgard s'inspire d'un chapitre du volume 13 du manga intitulé "Natassia, enfant du pays des glaces" assurant le lien entre la télévision et le papier. Une fois achevée, Toei retrouve le cours du manga et raccorde la série au chapitre Poséidon (le manga passe, lui, directement de la bataille du Sanctuaire à Poséidon), en arguant que les évènements d'Asgard furent orchestrés par le Seigneur des Mers. En 1989, Saint Seiya s'achève. La saga aura duré trois ans et offert 114 épisodes adaptés des 18 premiers volumes du manga original de Masami Kurumada.
Saint Seiya déferle sur la France
Face au succès de Saint Seiya au pays du soleil levant, les télévisions du monde entier cherchent à obtenir les droits de diffusion du phénomène. En France, dans son combat l'opposant à la Cinq de Berlusconi, TF1 triomphe. Rebaptisé Les Chevaliers du zodiaque, la série débarque dans le célèbre Club Dorothée, le 6 avril 1988 et va profiter du succès de cette émission unique en son genre qui à révéler au public français: Dragon Ball, Ranma 1/2 , Sailor Moon, Nikky Larson et bien d'autres pour autant de succès et de phénomène culturel. Implantée dans l'Hexagone, la carrière de la série animée se poursuit encore aujourd'hui. Après TF1, elle échoue en rediffusion sur TMC avant d'être proposée sur AB1, Game One et à présent Mangas. Comme tous les mangas importés du Japon, une traduction dans la langue de Molière a été réalisée. Cette adaptation est l'une des raisons du succès que connu la série de part son caractère singulier. Outrageuse et blasphématoire pour certains, délirante et comique pour d'autres, la "french touch" a marqué des générations entières qui n'oublieront jamais les génériques endiablés de Bernard Minet et les doublages souvent ratés des personnages, sans oublier des dialogues ciselés à la tronçonneuse.
Une série qui continue...
La saga ne s'est toutefois pas arrêtée avec le chapitre Poséidon. En effet, Masami Kurumada a poursuivi son oeuvre. Toujours en respectant le cadre mythologique de sa saga, il écrit un chapitre nommé Hadès. Coupé en trois parties, ce dernier relate l'opposition entre le Dieu des Enfers, Hadès et la Déesse Athéna. Fort de cette nouvelle matière, les studios Toei reprennent l'adaptation. C'est en novembre 2002, que cet ultime chapitre voit le jour sous la forme d'un OAV (Original Video Animation que l'on peut traduire par "Animation Vidéo Originale") de 13 épisodes. Pour cette première partie se déroulant dans le Sanctuaire, c'est la chaine pay-per-view japonaise Animax qui assura la diffusion jusqu'au 12 avril 2003. La deuxième partie, dont l'action se situe dans le royaume des Enfers (Meikai-hen) s'étale sur 6 OAV et est diffusée, au rythme de deux épisodes par mois, sur le réseau cablé nippon entre décembre 2005 et février 2006. La troisième et dernière partie du chapitre, prévue pour décembre 2007, est finalement dévoilée à partir d'août 2008 au Japon. Intitulée Elysion, elle s'articule autour de six OAV. Aujourd'hui, le mythe Saint Seiya perdure avec la réalisation d'une nouvelle franchise The Lost Canvas. Située 243 ans avant les évènements des Chevaliers du zodiaque, elle s'attache à la jeunesse du dieu Hadès et au lien qui l'unit avec Athéna et le Chevalier Pégase. Odyssée lyrique, quête poétique, aventure épique, expérience cosmique, Saint Seiya est plus qu'un simple manga. Il est un pan de l'imaginaire collectif, une référence absolue qui n'est pas prête de s'arrêter. N'as-tu jamais ressenti la Cosmo-énergie?
