Denis Humbert aime le sport, les voyages, le suspens, Cormarck McCarthy et Ernest Hemingway. L'occasion était trop belle, en cette année anniversaire, pour cet écrivain de polars dits ruraux de s'emparer de l'auteur de Pour qui sonne le glas. C'est Jim, la quarantaine passablement désabusée et un rien cynique, qui joue le rôle du "double" moderne du grand Ernest. Ancien footballeur brisé (au sens propre) en pleine ascension, Jim s'est reconverti dans le journalisme sportif d'investigation. Au milieu des années 1980, lors de l'une de ses enquêtes en Espagne, des aficionados de Salamanque lui font découvrir le monde de la corrida et l'auteur de Mort dans l'après-midi. Plus tard, alors qu'il vient jauger un jeune boxer à Cuba, le voilà de nouveau confronté à l'univers de l'Américain, entre mojito et daïquiri. Les dés sont jetés : l'homme est pris dans les mailles de la légende, il dévore l'oeuvre de "Papa Ernest", repart sur ses traces, de Paris à Key West, tandis que son couple se délite et que les mystères familiaux (le suicide de son père, médecin militaire et ancien de l'Algérie) se font de plus en plus présents. Parallèlement à la quête de Jim, le lecteur suit également la vie de Loulou, jeune bon à rien de Nancy, qui subtilise, le 17 janvier 1923, dans le train Paris-Lausanne, une valise dans laquelle se trouve le manuscrit d'un certain Ernest Hemingway... On comprendra à la fin de ce roman, qui ressuscite de manière très alerte le mythe du Nobel 1954, le fil reliant Jim et Louis. Divertissant à souhait.