Cruel dilemme dans les couloirs de Paris Match, il y a quasiment un demi-siècle jour pour jour : Louis-Ferdinand Céline s'éteint le 1er juillet 1961, à Meudon, et, le lendemain, Ernest Hemingway se suicide d'un coup de fusil, dans l'Idaho. Qui mettre en couverture du magazine ? Le sulfureux romancier français ou l'ogre des lettres américaines ? Ce sera Big Ernest. Le choc des photos. Et Dieu sait si l'auteur du Vieil Homme et la mer était photogénique ! Ernest au béret républicain espagnol, Ernest devant le Kilimandjaro, Ernest et l'espadon cubain, etc.
Le jeune Ernest, déjà un stylo ou un fusil à la main
On croyait tout avoir vu. On avait tort. Après un Albert Camus remarqué, les éditions Michel Lafon sortent un superbe livre truffé de clichés inédits ou méconnus, en grande partie exhumés de la collection Hemingway de la JFK Library de Boston, dont L'Express livre ici quelques échantillons. Portée par un texte de Boris Vejdovsky, spécialiste de l'université de Lausanne, cette "photo biographie" nous ouvre notamment l'album familial du jeune Ernest, toujours - déjà, devrait-on dire... - un stylo ou un fusil à la main. Et c'est un peu ce Hemingway privé, celui qui ne pose pas pour la postérité, que l'on découvre au fil des pages - avec ses parents, ses fils, ses épouses. Un Hemingway attachant, surprenant, différent. .