Il a créé Kitaro, petit sorcier né en rampant hors du cadavre de sa mère. Il a raconté NonNonbâ, vieille femme experte en génies et envoûtements. Shigeru Mizuki, grand maître du manga japonais, est mort ce lundi à Tokyo à l'âge de 93 ans.
Il était né dans la préfecture de Tottori, dans l'ouest du Japon, à une époque où les mythes fantastiques étaient encore vivaces à la campagne. La série Kitaro le repoussant décrit les luttes du monstre héros Kitaro contre des esprits et fantômes rivaux.
Traumatisé par la guerre
Il avait aussi décrit les horreurs de la guerre, en s'inspirant de ses souvenirs du front en Nouvelle-Bretagne, à présent partie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, et de la cruauté des officiers envers les soldats. "Les soldats japonais n'étaient pas considérés comme des humains. Ils étaient moins bien traités que les chevaux", enrageait-il encore dans une interview accordée cet été à l'AFP. Pendant la guerre, il avait perdu le bras gauche dans un bombardement américain. Résolument pacifiste, il avait aussi dessiné, en 1971, la biographie d'Hitler.
Un musée lui est dédié depuis 2003 à Sakaiminato dans la préfecture de Tottori et les résidents de la ville ont baptisé "Mizuki Shigeru Road" le quartier commerçant. Plus de 100 statues des ses personnages y sont exposées et les touristes et fans de tout le pays s'y pressent.
Shigeru Mizuki avait reçu en 2007 le prix du meilleur album au Festival de la bande dessinée d'Angoulême, avant d'être récompensé en 2009 du prix Essentiel Patrimoine.
