«Oui! c'est ça cachez-vous tas de crevures! Montrez pas vos sales tronches! Le choc ferait couler notre bateau!» Indémodables enfants, increvables jurons! Depuis 1912, La guerre des boutons (Folio) est un succès au cinéma autant qu'en librairie. Pour preuve le film de John Roberts, troisième cinéaste à mettre en scène, après Jacques Daroy en 1936 et Yves Robert en 1962, l'histoire de ces deux bandes rivales, dépenaillées et villageoises bien décidées à en découdre jusqu'à plus soif. Loin des hooligans de stade ou des dealers en culottes courtes, La guerre des boutons se fait à coups de frondes, de malice, d'honneur et de méfiance à l'endroit des adultes, ce tas d'hypocrites.
Plus personne, malheureusement, ne se souvient de l'auteur de ce récit épique. Est-ce d'être mort trop jeune au champ d'honneur? Ou d'avoir été un jeune instituteur maudit parce que trop laïcard? Toujours est-il que ce M. Pergaud dont toute l'?uvre est disponible en librairie est aussi peu connu qu'un M. Dupont qui n'aurait rien écrit...
L'écrivain aurait dû pourtant connaître la postérité. Non content d'être l'auteur d'un best-seller, il reçoit le prix Goncourt en 1910 pour un recueil de contes animaliers, son autre passion avec celle des enfants. Etre préféré aux Colette et autres Apollinaire alors en lice, ce n'est tout de même pas rien...