William Faulkner, Prix Nobel de littérature en 1949, fut le seul rival d'envergure parmi les contemporains américains d'Hemingway. Entre les deux, la détestation était cordiale.

Faulkner, à propos d'Hemingway : "Il n'a aucun courage, il n'a jamais pris le moindre risque. Il n'a jamais utilisé le moindre mot susceptible d'exiger de la part du lecteur l'usage du dictionnaire."

Réponse d'Hemingway : "Pauvre Faulkner... Croit-il vraiment que les grandes émotions naissent des grands mots ? Il pense que je ne connais pas les mots à dix dollars... Evidemment que je les connais ! Mais il y a de meilleurs mots, des mots plus anciens et plus simples, et ce sont ces mots-là que j'utilise."

Il ajoutera, vachard : "En lisant Faulkner, je suis capable de repérer avec exactitude les endroits où il commence à fatiguer et écrit avec l'aide du whisky, de même que je repérais ces passages chez Scott Fitzgerald, notamment dans Tendre est la nuit."

Faulkner présentera par la suite ses excuses. Lors de ses entretiens avec les étudiants de l'Université de Virginie, en 1957, il estime que Le vieil homme et la mer est le meilleur livre d'Hemingway car "ses personnages fonctionnaient dans une sorte de vide, ils n'avaient aucun passé, mais tout à coup, dans Le vieil homme et la mer, il a découvert Dieu".