Fin juin 2001: une réunion cruciale se tient à l'Elysée, dans le bureau de Jacques Chirac, avec Jean-Marc Lech et Pierre Giacometti, de l'institut de sondage Ipsos. La stratégie de campagne du président sortant aurait été définie ce jour-là: c'est pour desserrer l'étau des «affaires» pesant sur l'ancien maire de Paris que naît l'idée d'un discours pur et dur sur la sécurité, dont les études montrent déjà qu'elle est la première préoccupation des Français. C'est ce que racontent par le menu, un an après le 21 avril 2002, le journaliste Patrick Cohen et le sociologue Jean-Marc Salmon, dans leur Contre-enquête sur le choc Le Pen. De ces conciliabules secrets, neuf mois avant l'élection, à l'agression de «papy Voise», dans sa maison d'Orléans, à la veille du scrutin présidentiel, les auteurs décryptent comment le thème de l'insécurité, de toutes les insécurités, a été placé au c?ur du débat politique et a, finalement, servi Jean-Marie Le Pen.