POUR
Un maestro du cinéma italien en panne d'inspiration tente d'échapper au coup d'envoi du tournage de son nouveau film. Début d'une fuite en avant. Dans les pas du cinéaste vénéré, Day-Lewis est rattrapé par les femmes de sa vie le temps de numéros fantasmés où il les envisage en reines de cabaret. Du show sexy de Penélope Cruz à celui, tout en sobriété, d'une Nicole Kidman en star qui laisse tomber les paillettes, on retiendra l'émotion qui jaillit des deux tours de chant de Marion Cotillard. Si le coeur de Nine bat, c'est bien grâce à elle. Le film ne possède peut-être pas l'unité stylistique de Chicago, il n'en est pas moins un moment d'évasion au royaume des muses.
CONTRE
Un tel degré de ratage risque de faire date. Entre fausses bonnes idées, fautes de goût et contresens, les amateurs de naufrages industriels seront à la fête. Avec tout d'abord l'idée saugrenue d'aller déterrer une comédie musicale dont la bande son est inaudible plus de cinq secondes sous peine d'irréversibles séquelles psychiatriques. Mais le plus impardonnable reste que, pour rendre hommage à Fellini (triple sic!), l'indigne Rob Marshall fait appel à Sophia Loren (qui n'a jamais tourné avec le maestro), confond la sensualité pulpeuse d'Anita Ekberg avec la filiforme et nullement érotique Nicole Kidman et nous inflige des chorégraphies inspirées des prime time de la Rai berlusconienne. Remboursez!
