«Jean-Baptiste Poquelin, s'égosille la prof de français. C'était le nom de Molière. Ça va rentrer dans votre tête ? Allez, répétez.» Et les élèves d'obtempérer, sans moufter. Précisons que l'enseignante braque un gun sur eux, ça aide pour se faire respecter. Les morveux ne cessant de s'engueuler et de se lever, elle a fini par péter les plombs et les prendre en otage. Débute alors un huis clos tendu, suffocant, aux allures de thriller. Un film qui se déroule «entre les murs» d'un collège, mais qui pose un regard sur l'école très éloigné et, par là même, complémentaire de celui de Cantet. Lilienfeld pointe ici du doigt les dysfonctionnement éducatifs et sociaux. Et pas question d'enjoliver la réalité. Dans les établissements de banlieues miteuses, c'est bien la précarité et la violence qui dominent. On entend d'autant mieux son cri de colère que le cinéaste ne brosse pas le spectateur dans le sens du politiquement correct. Certes victimes d'un système d'intégration foireux, les ados, blacks, blancs ou beurs, se vautrent - pour certains - dans la pire des sauvageries. Un film rude, fort, où Isabelle Adjani, tout en névroses et en fragilités, déboulonne vaillamment son image de star.